Centrafrique : volte-face de Noureddine Adam sur la partition du pays

Noureddine Adam, ancien numéro deux de la Séléka, le 14 mars 2013 à Bangui. © Vincent Fournier/J.A.

Noureddine Adam, chef du FPRC (l'une des composantes de l'ex-Séléka) a annoncé dans un communiqué rédigé lundi que son mouvement renonçait à perturber la tenue des prochaines élections et dit regretter avoir prôné la partition de la RCA.

C’est depuis N’Djamena où il s’est rendu dimanche à la demande de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) avec l’autorisation des autorités tchadiennes, que Noureddine Adam a annoncé s’engager à « apporter une contribution positive et sincère à la tenue des prochaines élections générales en Centrafrique le 27 décembre prochain afin que celles-ci se déroulent dans toutes les préfectures du pays dans le calme, la sérénité, sans la violence et avec une forte participation ».

Dans un communiqué daté du 21 décembre, l’ancien numéro deux de la Séléka et actuel chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) exprime également ses « regrets pour les récents affrontements et les actes qui nous ont fait prêcher une partition pure et simple. Au contraire nous nous sommes battus toute notre vie pour une République centrafricaine unie, indivisible, mais réellement inclusive et qui accepte et protège tous ses enfants, qu’ils soient chrétiens, musulmans, animistes ou adeptes de toute forme de croyance ».

IDI en facilitateur

Cet étonnant retournement est le résultat d’une médiation de dernière minute menée par l’OCI et son envoyé spécial pour la crise centrafricaine, le sénégalais Cheikh Tidiane Gadio. Contacté à la mi-décembre par l’organisation islamique, le président Idriss Déby Itno (IDI) a accepté de faciliter la venue de Noureddine Adam au Tchad et la tenue de négociations sur place.

« Le président était très remonté après les déclarations relatives à la partition de la RCA. Quand l’occasion s’est présentée de faire changer d’avis Noureddine, il n’a pas hésité », explique-t-on à la présidence tchadienne. IDI a ainsi mandaté son directeur de cabinet civil d’expliquer à l’ex-rebelle centrafricain sa façon de penser.

La tentative de Noureddine Adam de créer un État autonome, la République du Logone, dans le nord-est de la Centrafrique, était jugée désespérée par plusieurs sources sécuritaires. Le leader du FPRC, que le gouvernement centrafricain désigne comme son « ennemi public numéro un », avait certes réussi à empêcher le vote du référendum constitutionnel, mais il est de plus en plus isolé.

Il y a quelques semaines, il avait été contraint de quitter Kaga-Bandoro, à 330 km de Bangui, après avoir perdu du terrain face au Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) du général Al Khatim.

 

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici