Boko Haram : plus d’un million d’enfants privés d’école par les attaques, selon l’Unicef

Par Jeune Afrique avec AFP

Des jeunes nigerians réfugiés au Niger, dans la ville de Diffa, le 22 mai 2015. © AFP

Plus d’un million d’enfants ont déserté les écoles du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun à cause des exactions de Boko Haram, selon un communiqué de l’Unicef diffusé mardi.

« Plus de 2 000 écoles nigérianes, camerounaises, tchadiennes et nigériennes restent portes closes en raison des conflits. Des centaines ont été pillées, endommagées ou détruites », s’inquiète l’Unicef, le Fonds des nations pour l’enfance, dans un document publié mardi 22 décembre.

« Le conflit a été un énorme choc pour l’éducation dans la région, et la violence a maintenu beaucoup d’enfants hors des salles de classe depuis plus d’un an, augmentant leur risque d’abandonner complètement l’école », déclare ainsi Manuel Fontaine, le directeur régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

« Les écoles ont été les cibles d’attaques, et les enfants ont peur de retourner à l’école ; plus ils restent déscolarisés, plus ils ont de risques d’être victimes d’abus et d’être recrutés par des groupes armés », décrit-il encore.

Des milliers d’écoles encore fermées

L’Unicef cite en exemple une attaque de Boko Haram dans l’État de Yobé, au Nigeria, qui avait fait 59 morts parmi les étudiants, en 2014, et à la suite de laquelle les établissements scolaires avaient été fermés.

Seule une école sur les 135 fermées en 2014 a rouvert cette année au Cameroun, selon l’Unicef.

Si, depuis, des centaines d’établissements ont rouvert ces derniers mois au Nigeria, l’insécurité et la peur de la violence dissuadent toujours de nombreux enseignants de reprendre les cours et les parents d’y envoyer leurs enfants.

Dans le nord du Cameroun, seule une école sur les 135 fermées en 2014 a rouvert cette année, déplore l’organisation.