Algérie : le déficit commercial atteint 12,6 milliards de dollars

Vue d'Alger. © Omar Sefouane pour Jeune Afrique

Le déficit de la balance commerciale de l'Algérie s'est creusé de 1,65 milliard de dollars durant le seul mois de novembre.

 

Encore de mauvaises nouvelles pour l’économie algérienne. La balance commerciale a enregistré un déficit de 12,626 milliards de dollars entre janvier et novembre 2015, selon les derniers chiffres des douanes nationales rapportés par l’agence de presse officielle APS. L’année dernière, à la même période, le pays affichait un excédent de 5,45 milliards de dollars. Durant le seul mois de novembre, le déficit a été de 1,65 milliard de dollars contre un excédent de 247 millions de dollars en novembre 2014.

Les exportations ont reculé à 34,37 milliards de dollars contre 59,13 milliards entre janvier et novembre 2014, soit une chute de -41,88 %, indiquent les chiffres provisoires du Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (Cnis). La facture des importations a relativement baissé en passant de 53,68 milliards de dollars sur les onze premiers mois de 2014 à près de 47 milliards cette année, soit une baisse de -12,45 %.

Hydrocarbures

L’Algérie a été lourdement affectée par la chute du cours du pétrole qui constitue avec le gaz les deux principales ressources en devises du pays. Les exportations d’hydrocarbures ont été réduites à 32,36 milliards de dollars entre janvier et novembre 2015 contre 56,2 milliards durant la même période l’an dernier (-42,42%).

Près de 98 % des exportations algériennes sont tirées des hydrocarbures et de ses dérivés. Le détail des exportations hors pétrole et gaz donne la pleine mesure de cette dépendance aux richesses des sous-sols. Selon les chiffres du CNIS, ces exportations se chiffrent à 1,916 milliard de dollars. Là encore, elles sont en baisse (-23,36 %) par rapport à l’année précédente où elles étaient de 2,5 milliards de dollars.

Budget

La tendance baissière des cours du pétrole devrait affecter davantage les finances du pays dans les mois à venir. Si les cours devaient rester aussi faibles l’an prochain, les recettes pétrolières de l’Algérie pourraient tomber à « 26,4 milliards de dollars contre 33,8 milliards à la clôture de l’année en cours », indiquait en octobre dernier le ministre des Finances Abderrahmane Benkhalfa.

Pour compenser le déficit budgétaire, les autorités sont obligées de puiser dans le Fonds de régulation des recettes (FRR), un bas de laine qui risque de s’épuiser dans les mois à venir.

Les réserves financières dont une partie est placée en bons de trésors américains ne sont pas en reste. Selon le ministre algérien des Finances, cette cagnotte devrait baisser jusqu’à 120 milliards de dollars fin 2016 contre 179 milliards en décembre 2014. Assez pour assurer la couverture de 23 mois d’importations mais pas de quoi rassurer les Algériens.