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Centrafrique : la Minusca suspend le déploiement du Burundais Gaspard Baratuza

Casques bleus patrouillant dans les rues près de la mosquée de Koudoukou, Bangui, 30 novembre 2015. © Andrew Medichini/AP/SIPA

Alors que la polémique enflait, la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), a décidé de suspendre le déploiement de Gaspard Baratuza, porte-parole de l'armée burundaise et soupçonné d'avoir pris part aux exactions menées par le régime de Pierre Nkurunziza.

« À ce jour, le colonel Baratuza n’est pas déployé en Centrafrique, la Minusca est au courant des rapports et procède à des vérifications », a fait savoir la mission de maintien de la paix vendredi 18 décembre sur son compte Twitter. Dans un autre tweet, cette fois-ci en anglais, la mission de l’ONU a précisé « suspendre son déploiement ».

Tollé 

Il faut dire que l’arrivée du colonel Gaspard Baratuza, fortement pressenti pour porter la voix de la mission onusienne en Centrafrique, avait suscité un tollé. Le militaire, également porte-parole de l’armée burundaise, est en effet soupçonné d’avoir pris part aux exactions menées dans les quartiers connus pour être des bastions de l’opposition à Pierre Nkurunziza.

Porte-voix du régime burundais, Gaspard Baratuza a ainsi évoqué un bilan de « 79 ennemis tués » après des attaques coordonnées de trois camps militaires au Burundi le 11 décembre. Après ces affrontements, les cadavres d’au moins quarante jeunes tués par balles, souvent à bout portant, avaient été découverts dans les rues de la capitale. Pourtant très prolixe sur les réseaux sociaux où il relaie l’actualité du régime, le colonel s’était alors refusé à tout commentaire.

La Minusca, dont la réputation est déjà largement entachée après les accusations de viols, semble donc s’être évité un nouveau scandale.