Burundi : l’Union africaine vote le principe d’un envoi de troupes africaines

Par Jeune Afrique avec AFP

Une manifestation anti-Nkurunziza à Nyakabiga, près de Bujumbura, le 16 mai 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

L'Union africaine a annoncé vendredi 18 décembre avoir voté le principe d'un envoi de troupes africaines au Burundi. La veille, les membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) avaient affirmé que "l’Afrique ne permettra pas un autre génocide sur son sol".

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a décidé jeudi l’envoi de troupes africaines au Burundi « avec un mandat de protection des civils », a annoncé un diplomate de l’organisation panafricaine. Cette décision reste néanmoins soumise à l’accord de Bujumbura ou, à défaut, des chefs d’État de l’UA.

« Le Conseil de paix et de sécurité a pris hier [jeudi, ndlr] la décision d’envoyer des troupes pour protéger les civils au Burundi, a déclaré un diplomate à l’AFP. Selon ce dernier, la taille du futur contingent n’a pas encore été déterminée.

« Parvenir à un accord avec le gouvernement burundais »

« Désormais, nous avons deux options : soit nous envoyons des troupes avec le consentement du gouvernement du Burundi. Soit nous attendons le consentement des chefs d’État africains, ce qui signifie que les deux-tiers devront approuver. Notre option préférée est de parvenir à un accord avec le gouvernement burundais », a-t-il expliqué. « Les troupes envoyées au Burundi proviendront de la Force est-africaine en attente, composante régionale de la Force africaine en attente (FAA) », a-t-il précisé .

Il est fort peu probable que les autorités burundaises, qui ne cessent de dénoncer l’immixtion de la communauté internationale, acceptent un déploiement militaire sur leur sol.

Bain de sang à Bujumbura 

L’ONU avait déjà indiqué en novembre étudier la possibilité d’envoyer des Casques bleus au Burundi, en piochant sur le contingent de la Monusco, sa mission déployée en RDC, si les violences s’amplifiaient et devenaient incontrôlables.

Cette décision intervient une semaine après l’attaque du 11 décembre de trois camps militaires situés à Bujumbura et en province, les affrontements les plus intenses au Burundi depuis une tentative ratée de coup d’État militaire les 13 et 14 mai. Ces attaques avaient donné lieu à un bain de sang : 87 personnes avaient été tuées, alors que les cadavres d’au moins quarante jeunes tués par balles, souvent à bout portant, ont été découverts samedi matin dans les rues de Bujumbura.