Le sud-africain Tiger Brands va revendre sa filiale nigériane à Dangote

Tiger Branded Consumer Goods of Nigeria produit essentiellement de la farine, mais également des pâtes et des nouilles. © DR

Le groupe agro-alimentaire va revendre ses 65,7 % du capital au groupe du magnat nigérian Aliko Dangote, auprès de qui elles avaient été acquises pour 200 millions de dollars en 2012. Depuis le producteur de farine a enchaîné les contre-performances.

Tiger Brands sort du Nigeria par la petite porte. Le groupe sud-africain a déclaré ce lundi qu’il allait revendre à Dangote Industries, le groupe du milliardaire nigérian Aliko Dangote, sa participation de 65,7 % dans Tiger Branded Consumer Goods of Nigeria (TBCG – ex Dangote Flour Mills).

Rachetées pour environ 200 millions de dollars en 2012, ces parts seront cédées à leur ancien actionnaire majoritaire pour 1 dollar symbolique et une « injection immédiate de 10 milliards de nairas [45,6 millions d’euros] » de la part de Dangote Industries dans TBCG [PDF].

« Cette opération permettra d’assurer que TBCG est maintenue en tant qu’entreprise viable, à même de conserver ses employés et de respecter ses obligations envers les parties prenantes. La transaction prévoit que des capitaux suffisants seront injectés dans TBCG afin de stabiliser l’entreprise et la placer sur une trajectoire viable visant à créer de la valeur », écrit Tiger Brands dans son communiqué.

Contre-performances

Pour le groupe agro-alimentaire sud-africain, sortir de cette filiale nigériane était devenu un impératif, alors que les résultats décevants de cette dernière plombaient son cours à la Bourse de Johannesburg et ses performances globales : ses bénéfices ont baissé depuis 2012 (de 2,72 milliards de rands à 2,02 milliards en 2014), malgré une nette progression de son chiffre d’affaires passé de 22,67 milliards à 30 milliards de rands durant cette période.

Cette incursion au Nigeria, censée être la première étape d’un vaste programme d’expansion panafricaine, s’est avérée extrêmement coûteuse pour Tiger Brands, qui n’a cessé de renflouer TBCG malgré ses résultats décevants, accentués au cours de la dernière année par le recul du prix du pétrole (croissance en recul, baisse du naira…)

Pour pouvoir se débarrasser de ses parts dans TBCG – sans s’attirer les foudres des autorités de régulation – le groupe sud-africain paie le prix fort, acceptant de prendre en charge la dette accumulée par sa filiale à hauteur de 5,6 milliards de nairas (25,5 millions d’euros) et d’éponger 700 millions de rands (44,8 millions de rands) prêtés directement par Tiger Brands.

Impact positif

« Compte tenu des pertes subies par TBCG depuis son acquisition par Tiger Brands, la transaction aura un impact positif sur [nos] futurs résultats », assure le groupe sud-africain.

En novembre, Tiger Brands avait déjà annoncé qu’il n’investirait plus dans TBCG et avoir réduit sa valeur comptable  – et celle de son autre filiale nigériane Deli Foods (biscuits) – de 1,9 milliard de rands, après une première dépréciation de 954 millions de rands.

Retour

Avec la sortie du groupe sud-africain, Aliko Dangote, Olakunle Alake, Asue Ighodalo et Arnold Ekpe, qui avaient démissionné en novembre dernier du conseil d’administration du producteur de farine nigérian, devraient retrouver leurs postes.

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