Maroc – UE : quand l’annulation de l’accord agricole et de pêche provoque une crise diplomatique

Préparation des filets de pêche sur le nouveau port de Dakhla (Maroc).JA © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Suite à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’annuler l’accord agricole et de pêche avec le Maroc, ce dernier a vivement réagi demandant à l’Union européenne de clarifier sa position menaçant de revoir l’ensemble de leurs relations.

« Le Maroc rejette cette décision. Nous demandons aux responsables européens de prendre une position claire et ferme. Sinon, cette décision d’annulation nous poussera à revoir l’ensemble de nos relations bilatérales et aura un impact sur tous nos accords ».

C’est en ces termes que le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, s’est exprimé à Jeune Afrique au lendemain de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’annuler l’accord agricole et de pêche conclu entre le Maroc et l’Union européenne (UE) en 2012.

« Nous avons commencé à appliquer cet accord de bonne foi tel qu’il a été ratifié», poursuit le porte-parole du gouvernement. Le 10 décembre, suite au verdict de la Cour de justice européenne, le Maroc affirme avoir entamé une série de discussions avec les responsables de l’UE pour les pousser à prendre position.

Quels bénéfices pour la population du Sahara ?

Suite à une requête du Polisario, la Cour de Justice a rejeté l’accord de libéralisation des échanges agricoles et de pêche entre le Maroc et le conseil de l’Union européenne, au motif que cet accord « ne présente pas les garanties nécessaires pour que les ressources de la région du Sahara profitent aux habitants locaux ».

Un coup dur à la diplomatie marocaine qui avait difficilement obtenu la signature de cet accord en 2012 malgré les réserves européennes exprimées à l’époque quant aux réels bénéfices tirés par les populations sahraouies de l’accord de pêche. Le Maroc était alors obligé de présenter un rapport démontrant la preuve de son engagement auprès de ces populations.

Le Polisario, en conflit avec le Maroc depuis 1975, considère que tous les accords internationaux conclus par le royaume chérifien sur le territoire du Sahara violent le droit international. L’organisation concentre tous ses efforts diplomatiques à l’international pour empêcher la résolution de tels accords.

L’Union européenne rassure mais le Maroc demande plus

Dans une déclaration ce vendredi 11 décembre, la haute représentante de l’UE aux Affaires étrangères et à la politique de sécurité, Federica Mogherini, a considéré que les accords bilatéraux de l’UE avec le Maroc ne sont pas remis en cause. Mais, échaudé par la décision d’annulation, le royaume demande plus d’engagement de la part des responsables européens afin qu’ils clarifient leur position, estimant que le jugement de la Cour européenne est « une décision politique et non juridique ».

Le 28 septembre, une crise diplomatique majeure avait éclaté entre le Maroc et la Suède au sujet de la position jugée anti-marocaine de ce pays sur le dossier du Sahara. Rabat a par la suite envoyé une délégation de partis politiques marocains afin d’entamer un dialogue avec leurs homologues suédois et de tenter de contenir les hostilités à la cause marocaine qui menaçait de gagner d’autres pays européens.

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