[Infographies] – La corruption, insupportable fardeau de l’Afrique subsaharienne

Manifestation contre la corruption en Afrique du Sud, le 30 septembre 2015 à Pretoria. © Themba Hadebe/AP/SIPA

En Afrique subsaharienne, la corruption reste un fléau vécu au quotidien par une majorité d'Africains, selon le dernier rapport de l’ONG Transparency International. Même si des efforts sont faits, le chemin est encore long pour la faire reculer à un niveau acceptable. Décryptage en infographies.

Dans l’étude de Transparency International publiée mardi 1er décembre, un chiffre devrait alerter nos gouvernants africains :  58% des personnes sondées parmi 28 pays du continent indiquent que la corruption (en réalité leur ressenti du phénomène) a augmenté dans leur pays depuis 2014. Plus édifiant encore : ce chiffre est de 83% chez les Sud-Africains, 76% chez les Ghanéens et 75% chez les Nigérians, qui forment le trio de tête des plus mal-lotis.

De fait, l’Afrique du Sud a été récemment secouée par plusieurs scandales de corruption impliquant des personnalités de haut rang, jusqu’au président Jacob Zuma soupçonné d’avoir fait rénover sa résidence privée aux frais du contribuable pour plus de 16 millions d’euros.

Les responsables politiques au centre du mécontentement

À l’opposé, parmi les « bons élèves » du rapport figurent le Botswana, avec 54% des personnes interrogées qui pensent que leur gouvernement prend de bonnes mesures pour lutter contre la corruption. Seuls 18% des sondés sont dans ce cas au Liberia et 19% en Sierra Leone. Quant à la Côte d’Ivoire et au Sénégal, ils s’en sortent mieux avec 44 et 47% d’opinions favorables.

Un résultat loin d’être brillant. Mais peut-on vraiment avoir confiance dans son gouvernement quand celui-ci est lui-même considéré comme corrompu – comme c’est le cas dans la plupart des cas ? Parmi les 28 pays étudiés, en effet, 42% des sondés estiment que les ministres et secrétaires d’État sont impliqués dans les malversations ; et ils sont 31% à penser la même chose au sujet des collaborateurs du président.

Signe que les institutions modernes ne parviennent guère à convaincre les populations, ce sont les chefs traditionnels et les leaders religieux qui s’en sortent avec la meilleure image d’intégrité dans le rapport, bien loin devant la police, la justice ou les hommes politiques ou d’affaires. Pas vraiment de quoi pavoiser.

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