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BCP passe à la vitesse supérieure

Avec 1050 agences dans le royaume, la banque a doublé le nombre de ses clients depuis 2000. © Hassan Ouazani

Le 1er juin, le français BPCE va entrer au capital de Banque centrale populaire à hauteur de 5 %. Un appui qui pourrait doper le développement du numéro deux chérifien.

Très attendue, l’ouverture du capital du groupe marocain Banque centrale populaire (BCP) a pris un tour décisif le 11 mai. Ce jour-là, le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), l’autorité de régulation du marché, a publié la note d’information relative à une augmentation du capital de l’organe central du groupe mutualiste BCP réservée à Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE).

Le groupe bancaire français, dont le produit net bancaire était de 23,1 milliards d’euros en 2011, doit d’abord signer un chèque de 140 millions d’euros. De son côté, le PDG du groupe marocain, Mohamed Benchaaboun, doit obtenir le feu vert de l’assemblée générale extraordinaire prévue le 28 mai pour que se concrétise à partir du 1er juin le rapprochement entre les deux groupes mutualistes, qui « sont convenus de mettre en place un partenariat industriel, commercial et capitalistique ». Car, après avoir étudié plusieurs offres, BCP a opté pour un partenaire partageant sa culture mutualiste. Et si le courant passe, BPCE pourrait rapidement faire grimper sa participation à 15 %, comme l’y a autorisé le conseil d’administration de la BCP.

Bien plus discrète que ses deux rivales Attijariwafa Bank et BMCE Bank, BCP peut désormais faire parler d’elle avec l’appui du français, censé doper son développement. « Cette coopération exclusive, indique la note enregistrée auprès de la CDVM, doit permettre la mise en place de produits et de services bancaires à destination des Marocains résidant en France et des clients réalisant des opérations de banque commerciale entre celle-ci et le Maroc. »

Hors des frontières

Dans les faits, le partenariat sera tourné essentiellement vers l’Europe et l’Afrique, car au Maroc BCP est déjà le deuxième groupe derrière Attijariwafa Bank par le total de bilan (237,4 milliards de dirhams en 2011, soit 21,3 milliards d’euros). Depuis 2000, le nombre de ses clients a doublé, notamment grâce à un réseau de 1 050 agences dans le pays – contre 358 en 2000. « L’épargne mobilisée par le groupe a été multipliée par trois et atteint 180 milliards de dirhams, contre 60 milliards en 2000… Notre assise financière s’est aussi renforcée, puisque nos fonds propres sont passés de 7 milliards de dirhams à plus de 28 milliards, tandis que le taux de créances en souffrance a été ramené de 11 % à 3,5 % », détaillait Mohamed Benchaaboun le 16 mars, lors du huitième congrès du groupe.

En France, la présence du groupe est pilotée depuis 2008 par sa filiale Chaabi Bank (ex-BCDM). Pour répondre aux besoins des Marocains installés dans toute l’Europe, cette dernière a ouvert des succursales en Belgique, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne. Et l’an passé, la BCP a hissé sa participation à 24,01 % dans le capital de Bank Al-Amal, la banque des Marocains résidant à l’étranger.

Sur le continent, la BCP dispose depuis le début des années 1990 de deux filiales aujourd’hui rentables, en Guinée et en République centrafricaine. En 2010, elle a repris, avec Attijariwafa Bank, BNP Paribas Mauritanie, devenue Attijari Bank Mauritanie. Et pour se développer sur les flux d’échanges avec le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, la BCP a racheté en 2010 les participations minoritaires de Bank Al-Maghrib dans British Arab Commercial Bank, l’Union de banques arabes et françaises et Arab Italian Bank Rome. Une politique de petits pas vouée à s’accélérer grâce au groupe BPCE. 

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