Tanzanie : quand la twittosphère raille les petites économies de John Magufuli

John Magufuli, alors candidat à la présidentielle, s'exprime à un meeting à Dar es-Salaam le 23 octobre 2015 © Khalfan Said/AP/SIPA

Annulation de la fête nationale, interdiction de l'impression des cartes de vœux : les économies drastiques du président nouvellement élu font réagir la twittosphère.

Le 9 décembre prochain, jour anniversaire de l’indépendance de la Tanzanie en 1961, il n’y aura pas de danses traditionnelles ni de défilé militaire dans les rues de Dar es-Salam. À la place, les Tanzaniens sont invités à nettoyer les espaces publics de la ville! L’heure est aux économies. Pour les fêtes, les officiels n’enverront pas la traditionnelle carte de vœux de l’État à leurs collègues : ils devront l’acheter eux-mêmes.

Depuis qu’il a prêté serment le 5 novembre dernier, le nouveau président réforme à vitesse grand V. Il déclare vouloir mettre fin au gaspillage dans l’administration, et réinvestir l’argent économisé dans les infrastructures et et les aides sociales. Il a déjà réduit drastiquement le budget de la soirée d’ouverture officielle du parlement, et a supprimé les indemnités de séance des députés. Lui-même se serre la ceinture, en préférant par exemple la voiture à l’avion lors de ses déplacements. Un empressement qui suscite l’hilarité sur twitter, où le hashtag #WhatwouldMagufulido (Que ferait Magufuli à ma place) se propage.

(Je voulais prendre un taxi pour rentrer mais après réflexion…)

Et se décline dans toutes les situations…

(Je voulais m’acheter du poulet pour accompagner ce riz mais je me suis demandé ce que ferait Magufuli dans cette situation…)

« L’effet Magufuli »

Dans un pays où les habitants se sont longtemps plaints des abus des dirigeants, les méthodes draconiennes du chef de l’État sont accueillies avec enthousiasme. Et si certains « twittos » raillent les méthodes du président, d’autres souhaiteraient que le #Magufulieffect (l’effet Magufuli) se répande ailleurs en Afrique…