Cameroun : FinAfrique déploie sa boîte à outils

Par Jeune Afrique

Fabrice Kom-Tchuente a eu l'idée de faire venir des formateurs à haute technicité financière en Afrique. ©

Le cabinet de conseil FinAfrique a été choisi par la SFI, filiale de la Banque mondiale chargée du secteur privé, pour mettre en œuvre la « boîte à outils pour les PME » au Cameroun.

C’est une belle réussite pour Fabrice Kom-Tchuente et ses trois associés ! FinAfrique, la société de conseil qu’ils ont fondée en 2008 a reçu un agrément de poids en remportant l’appel d’offre pour le déploiement au Cameroun de la « boîte à outils pour les PME », un mécanisme d’aide aux créateurs et aux chefs d’entreprise conçu avec l’aide d’IBM, le géant informatique américain. Par le biais d’un portail en ligne, cette boîte à outils propose des logiciels, des formulaires et des articles qui fournissent des informations sur trois thèmes principaux : aide à la création, aide au financement et aide à la gestion. Le système repose aussi sur 11 formateurs recrutés par les soins de FinAfrique et formés par la SFI à ses méthodes pédagogiques.

Le ministère des PME, l’Ecam (un mouvement patronal camerounais) et la banque nigériane United Bank for Africa sont notamment partenaires de FinAfrique pour la mise en œuvre de cette solution. « Pour nous, c’est aussi une manière de faire connaître notre travail et de toucher des clients potentiels à travers ces organisations, explique Fabrice Kom-Tchuente. Nous nous éloignons un peu de notre métier d’origine, très axé sur la finance, mais nous restons attachés à des problématiques managériales qui nous tiennent à cœur. L’objectif de ce partenariat consiste aussi à faire remonter les besoins des entreprises. C’est une parfaite logique gagnant-gagnant ».

 Faire venir la formation vers l’Afrique

À l’origine de FinAfrique il y a une idée simple, mais efficace : les professionnels de la banque-finance-assurance basés en Afrique qui avaient besoin d’une formation étaient obligés de se déplacer jusqu’en Europe, en Asie ou aux États-Unis pour y accéder. « Notre objectif est de rendre disponibles localement en Afrique des missions de haute technicité financière, explique Fabrice Kom-Tchuente. Nous avons très logiquement décidé de combler ce besoin et nous effectuons le mouvement inverse : nous faisons venir des spécialistes pour une durée comprise entre deux jours et une semaine pour dispenser une formation ciblée, que ce soit sur les normes IFRS, les règlementations Bâle II, etc ».

Le cabinet de conseil dispose d’un réseau de 50 formateurs qui exercent sur les plus grandes places financières mondiales.

Fort d’une dizaine de salariés, le cabinet de conseil et de formation dispose désormais d’un réseau de 50 formateurs issus de divers continents qui exercent sur les plus grandes places financières mondiales comme Paris, Londres ou Amsterdam. À eux tous, ils couvrent toutes les thématiques de la banque-finance-assurance. De même, les quatre fondateurs sont encore engagés professionnellement en parallèle de leur implication dans FinAfrique.

 Une expansion africaine

Aujourd’hui, le cabinet est présent directement au Cameroun et en Côte d’Ivoire, mais il a aussi noué des partenariats au Togo, avec le cabinet Impact Conseil, et au Mali avec le Centre international pour le conseil et la formation. FinAfrique co-anime des séminaires de formation à l’intention des professionnels des institutions financières d’Afrique de l’Ouest avec le master banque finance du Cesag à Dakar, au Sénégal pour la formation des cadres financiers de la zone UEMOA.

Le Cameroun compte quelque 14000 PME qui représentent environ 85 % du secteur privé du pays et génèrent plus de 200 000 emplois à plein temps. S’il est le premier pays d’Afrique centrale à être équipé de la boîte à outils, la SFI cherche à étendre ce mécanisme dans d’autres pays en Afrique, notamment au Gabon. Il ne fait guère de doutes que, partout où il le pourra, FinAfrique participera aux appels d’offres.