Algérie : selon le gouvernement, les importations sont surfacturées de 30 %

Par Jeune Afrique avec AFP

Vue du Port d'Alger, principale porte commerciale de l'Algérie. © USARAF/CC/Flickr

La surfacturation des produits et services importés par l'Algérie représente pour le pays 30 % du montant global de ses importations, a affirmé le ministre du Commerce, Bekhti Belaïb.

La surfacturation des importations, qui permet aux opérateurs du commerce extérieur de transférer illicitement des devises vers l’étranger, « a énormément renchéri le coût » des importations en Algérie, a déclaré le 08 novembre Bekhti Belaïb, le ministre algérien du Commerce, observant que le « surcoût est de l’ordre de 30 % du montant global des importations ».

Le gouvernement vient de décider la mise en place de licences pour « rationaliser » les importations dans une « conjoncture difficile » marquée par la baisse des prix du pétrole, a indiqué Bekhti Belaïb.

Société écran

« Ce sont souvent les nationaux qui sont impliqués » dans les transferts de devises, a-t-il ajouté en notant que ces opérateurs « ont créé des sociétés écran » à l’étranger et ont ainsi le statut de « vendeurs et acheteurs ». « Ils se sont rendus coupables de ces transferts qui ont pris une ampleur inquiétante », a accusé le ministre.

La surfacturation est la principale source de fuites de devises en Algérie. Elle permet à des opérateurs qui créent leurs propres sociétés à l’étranger d’augmenter le prix d’un produit et de payer grâce à un transfert de devises pour alimenter leurs propres comptes.

L’Algérie comptait 300 000 importateurs en 2012 sur 760 000 entreprises recensées, selon le président d’une association patronale, Mohand Saïd N’Ait Abdelaziz. Ils se procurent les devises auprès de la Banque d’Algérie.

Fournisseurs

Pays riche en pétrole et en gaz qui lui rapportent plus de 95 % de ses recettes extérieures mais dont les prix ont baissé de moitié, l’Algérie a importé pour 60 milliards de dollars en 2014. Ses principaux fournisseurs sont la Chine et la France.

L’Algérie importe notamment des biens d’équipements, des matières premières, des produits alimentaires et des médicaments.