La BAD accorde une garantie de 500 millions d’euros au Cameroun

Par Jeune Afrique

Alamine Ousmane Mey, le ministre camerounais des Finances. © Eric Larrayadieu/J.A.

Cette garantie couvre une partie de l'eurobond de 1,5 milliard de dollars que s'apprête à lever le gouvernement camerounais.

La Banque africaine de développement a accordé une garantie de crédit partielle de 500 millions d’euros au Cameroun. Cette garantie, qui couvre environ un peu plus d’un tiers de l’emprunt obligataire de 1,5 milliard de dollars (1,36 milliard d’euros) que prépare Douala, devrait aider « à atténuer le risque de change qui pourrait découler de l’opération, tout en contribuant à la réduction du taux d’intérêt payé par le Cameroun », explique l’institution panafricaine dans un communiqué publié ce vendredi.

Le Cameroun a annoncé en février dernier son intention d’émettre cet eurobond afin de financer le plan d’urgence triennal lancé par le gouvernement fin décembre 2014, mais également des investissements dans les infrastructures routières et hydrauliques, ainsi que des projets agro-industriels.

Le soutien de la BAD, approuvé en juillet dernier mais divulgué seulement ce vendredi, intervient alors que les marchés financiers semblent de plus en plus exigeants en ce qui concerne les opérations des États africains. Au cours du dernier semestre, les eurobonds réalisés par la Zambie, le Ghana et l’Angola ont été émis à des taux d’intérêts relativement élevés : 9,375 % dans le cas de Lusaka, 10,75 % pour Accra (malgré une garantie partielle de la Banque mondiale) et 9,5 % pour Luanda.

Secteurs prioritaires

Dans son communiqué, la BAD indique que les projets de développement qui seront financés par l’eurobond camerounais « sont en ligne avec les objectifs stratégiques du plan décennal 2013-2022 de la Banque », qui vise notamment à « promouvoir une croissance inclusive et soutenir la transition vers une croissance verte ». De plus, souligne la BAD, le programme d’investissement du gouvernement camerounais « aura un impact sur deux secteurs prioritaires pour la Banque : les infrastructures et le secteur privé ».

La BAD se montre sereine quant à la qualité de crédit du pays : « La dette publique brute du Cameroun par rapport au PIB nominal est estimée à 19,3 % à fin 2014, bien en dessous du seuil de 70 % de la Cemac ».

Selon l’agence de notation Standard & Poor’s, l’endettement du Cameroun pourrait atteindre 35 % du PIB en 2018, contre 29,5 % cette année, en tenant compte de l’émission de l’eurobond.