Égypte : les boîtes noires de l’avion russe en cours d’analyse, multiplication des hypothèses

Par Jeune Afrique avec AFP

Une partie de l'épave de l'avion de Metrojet qui s'est écrasé dans le Sinaï. © Suliman el-Oteify / AP / SIPA

Accident ou attentat ? Si l'examen des boîtes noires de l'avion russe se poursuit, ce processus risque de prendre du temps, ont prévenu les autorités égyptiennes. Le point sur les dernières révélations.

En l’absence de toute certitude sur les causes du crash, les autorités attendent beaucoup de l’analyse des boîtes noires. L’examen des deux enregistreurs de vol – l’un enregistrant les conversations à bord, l’autre les paramètres de vol – a commencé mardi après-midi dans les locaux du ministère de l’Aviation civile au Caire.

Parallèlement, les recherches continuent pour retrouver les derniers corps des 224 victimes et d’éventuels indices disséminés sur une large zone dans le désert du Sinaï. L’opération, complexe, risque de prendre beaucoup de temps, en fonction de l’état des enregistreurs, ont ajouté des sources proches de l’enquête. D’autant que ces dernières heures, plusieurs révélations ont étayées les différentes hypothèses.

Les revendications de l’État islamique, de la « propagande » ?

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a fustigé, dans un entretien avec la BBC, la « propagande » du groupe État islamique (EI), qui a affirmé samedi avoir « fait tomber » l’Airbus A321 en représailles aux bombardements russes en Syrie.

Une hypothèse également jugée improbable par Washington, qui ne l’a toutefois pas exclue. James Clapper, directeur des services de renseignement américains, a en effet estimé lundi 2 novembre à Washington, « improbable que le groupe État islamique (EI) ait les moyens d’abattre un avion commercial en vol ».

Pour la compagnie russe, « un facteur extérieur » à l’origine du crash

De son côté, Metrojet, la compagnie russe exploitant l’appareil, a assuré lundi que seul un facteur « extérieur », qu’elle n’a pas précisé, pouvait expliquer le crash. Elle a ainsi rejeté la possibilité d' »une défaillance technique ou une erreur de pilotage » et souligné l' »excellent état » de l’avion.

Un peu plus de 23 minutes après avoir décollé samedi à l’aube de la station balnéaire de Charm el-Cheikh,  l’avion russe s’est totalement disloqué en vol comme en atteste l’extrême dispersion des débris et des corps au sol, sur plus de 100 km2 selon certains enquêteurs. Selon des experts, l’appareil a dû subir un choc extrêmement soudain au point que le pilote en a instantanément perdu le contrôle.

Une bombe ? 

Reste que la plupart d’entre eux exclut que l’appareil ait pu être atteint à 10 000 m d’altitude par un missile tiré de l’épaule, du type de ceux dont dispose l’EI dans le Sinaï. Restent alors deux hypothèses : un problème technique à l’origine d’une explosion et d’une dislocation immédiate de l’appareil ne laissant pas le temps au pilote de communiquer, cas rarissime selon les experts.

Ou bien une bombe, apportée dans l’appareil par un occupant ou placée à bord par un membre du personnel au sol. Pour les experts, même un engin explosif de petite taille est suffisant pour ouvrir une brèche dans la carlingue et disloquer ainsi l’appareil en raison de la pressurisation à haute altitude.

Un « flash de chaleur » détecté par les satellites américains 

Un satellite militaire américain a détecté un « flash de chaleur » provenant de l’Airbus au moment du drame, qui « suggère qu’un événement catastrophique – y compris peut-être une bombe — s’est produit en vol », a affirmé mardi la chaîne de télévision CNN, citant un responsable américain anonyme. Autant d’hypothèses qui devront être confirmées ou infirmées par l’examen des boîtes noires.