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Le Maroc déclare la guerre aux sacs en plastique

Des sacs en plastique en mer Méditerranée. Photo prétexte. © JEAN-PIERRE BELZIT/AP/SIPA

Une loi interdisant les sacs plastiques au Maroc sera présentée devant le Parlement dans les jours à venir.

Après le Rwanda, l’Afrique du sud, ou plus récemment le Sénégal, le Maroc pourrait bientôt décider d’en finir avec les sacs plastique. Le conseil du gouvernement a en effet donné le feu vert, jeudi 29 octobre, à une loi en interdisant « l’utilisation, la production et l’importation ». Un projet de loi qui doit encore recueillir l’aval du Parlement, devant lequel il sera présenté « d’ici une à deux semaines », précise Taoufiq Moucharraf, directeur de la coopération et de la communication au ministère de l’Industrie à l’origine de la mesure.

Chaque année, 120 000 tonnes de sacs jetés dans la nature

Après l’interdiction des sacs en plastique noirs, le royaume s’apprête donc à franchir un nouveau cap. « Il fallait réagir : les Marocains utilisent en moyenne 900 sacs en plastique par an », poursuit M. Moucharraf.

Conséquence : la pollution engendrée atteint des niveaux alarmants. Chaque année, quelque 120 000 tonnes de sacs sont jetés dans la nature. Parmi cette impressionnante quantité, seulement 1 000 tonnes sont récupérées pour être recyclées.

Accompagnement des Marocains et des industries concernées

Le projet de loi, s’il venait à être voté tel quel, entrerait en vigueur en juillet 2016. Un temps d’adaptation « nécessaire à la centaine d’unités industrielles concernées », souligne le ministère, qui note tout de même que 50% du secteur est informel. « Il faudra accompagner ce travail de reconversion pour les industriels », indique Taoufiq Moucharraf. Sans compter le changement de comportement des ménages et des commerces de détail : « Un arsenal sera déployé pour modifier les habitudes », assure le ministère, qui précise que les sacs en plastique seront désormais remplacés par du tissu et du papier.

Reste qu’en 2010, la loi interdisant les sacs en plastique noir avait été jugée peu efficace. Cette fois, le gouvernement entend donc frapper les fraudeurs au porte-monnaie par des amendes allant, pour la fabrication, jusqu’à un million de dirhams, soit 100 000 euros.