Afrique du Sud : pourquoi Pistorius risque gros en appel

Par Jeune Afrique avec AFP

Oscar Pistorius a été placé en liberté surveillé le 19 octobre 2015. © Themba Hadebe/AP/SIPA

La Cour d'appel sud-africaine examine mardi l'appel du procureur dans l'affaire Pistorius. L'athlète, en liberté surveillé depuis le 19 octobre, risque d'être renvoyé derrière les barreaux. Le champion paralympique encourt jusqu'à 15 ans de prison en cas de requalification des faits.

Oscar Pistorius n’assistera pas à l’audience du 3 novembre devant la Cour suprême d’appel de Bloemfontein,  dans le centre du pays, selon Anneliese Burgess, la porte-parole de la famille. « Seuls les avocats des deux parties présenteront leurs argumentaires et répondront aux questions des cinq juges de la Cour suprême d’appel. Et aucun témoin n’est appelé à la barre », a-t-elle ajouté. Du coup, le procès en appel qui s’ouvre s’annonce moins spectaculaire, mais hautement capital pour déterminer le sort du champion paralympique sud-africain.

Car le parquet qui a fait appel de la condamnation d’Oscar Pistorius à cinq ans de prison pour « homicide involontaire », espère obtenir une peine plus sévère à l’issue de ce nouveau round judiciaire.

Jusqu’à 15 ans de prison

Si les faits sont requalifiés en meurtre par la Cour d’appel, Pistorius, sorti de prison par anticipation le 19 octobre 2015 et placé sous un strict régime de liberté surveillée, risque au moins quinze ans de prison. En cas de nouvelle condamnation, sa liberté conditionnelle sera évidemment révoquée.

Pistorius a lui-même admis qu’il pensait ouvrir le feu sur un être humain caché dans ses toilettes

Le parquet contestera en effet la première qualification d’« homicide involontaire ». Pour l’accusation, il est évident que Pistorius doit être condamné pour meurtre, « puisqu’il a lui-même admis qu’il pensait ouvrir le feu sur un être humain caché dans ses toilettes lorsqu’il a tiré quatre munitions de gros calibre à hauteur d’homme ».

Mais en Afrique du Sud, la procédure d’appel s’apparente plus à la cassation française qu’à un appel proprement dit. La Cour suprême d’appel ne se prononce pas sur le fond, mais sur le droit uniquement.

De nombreuses options s’offrent donc aux juges. Ils peuvent rejeter l’appel. Ils peuvent aussi l’accepter et prononcer une nouvelle condamnation. Ils peuvent enfin décider de renvoyer l’affaire devant la Haute Cour pour un nouveau procès. Un dernier scénario hautement improbable, selon des sources concordantes.

Pistorius ruiné

Mais quelle que soit la décision de la Cour, la saga judiciaire Pistorius pourrait encore durer : les parties peuvent encore saisir la Cour constitutionnelle, la plus haute instance judiciaire du pays, à condition d’en avoir les moyens.

Pistorius, surnommé « Blade runner » (le coureur aux lames) en référence à ses prothèses en carbone, est aujourd’hui ruiné. Celui qui avait acquis une stature internationale en s’alignant parmi les valides aux JO de Londres en 2012 a perdu ses contrats publicitaires et dû vendre sa maison pour faire face à ses frais de justice faramineux.

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