Togo : bientôt susceptibles d’être verbalisés pour défaut de permis, les taxis-motos ne décolèrent pas

Les autorités togolaises veulent renforcer l'application des dispositions d'un décret pris en 1991. © DR

Les conducteurs de taxi-moto communément appelés "zémidjans" au Togo sont en colère. Ils protestent contre l'annonce faite par les autorités d'une application renforcée des dispositions du code de la route, notamment en ce qui concerne l'obligation pour les conducteurs de deux-roues de disposer d'un permis de conduire.

C’est une mesure qui risque de donner lieu à des frictions entre les 200 000 taxis-motos et les autorités togolaises. En effet, pour « réduire significativement le nombre des accidents causés par les taxis-motos », le gouvernement a décidé d’appliquer plus strictement la loi de 1991 (décret 91-88 du 29 mars 1991) qui rend obligatoire le permis de conduire de catégorie A pour tous les conducteurs d’engins à deux roues. Jusqu’alors le gouvernement tolérait l’absence de permis pour les conducteurs de deux-roues.

Problème : l’arrêté publié le 30 septembre et censé entrer en vigueur début novembre risque de coûter cher aux milliers de « zémidjans ». Il fixera en effet les amendes forfaitaires des infractions au code de la route. Et dans les cas de défaut de permis, ces dernières pourront aller jusqu’à 5000 F CFA.

Une décision qui n’a pas manqué d’énerver les taxis-motos qui seraient plus de 200 000 sur l’étendue du territoire, et près de 60 000 rien que dans la capitale. Remontés contre les autorités, quelques dizaines d’entre-eux ont tenté d’exprimer leur indignation le 28 octobre à travers les rues de Lomé. Ce jour-là, ils se sont donc dirigés vers la Direction des Transports Routiers, tentant d’en bloquer l’entrée. Mais face au dispositif des forces de l’ordre, le cortège s’est replié vers les locaux d’une radio privée de la capitale.

Ras-le-bol

« Ils savent bien qu’aucun d’entre nous ne dispose de ce document », a expliqué un manifestant qui voit dans cette mesure un « nouveau moyen pour extorquer de l’argent aux zémidjans ».  Mais les autorités se veulent rassurantes expliquant que les contrôle ne se feront pas dans l’immédiat, laissant le temps aux usagers de se conformer à la loi. Pour le moment, aucun calendrier n’a été dévoilé pour le début des contrôles.

Kwami, zémidjan depuis douze ans, ne décolère pas pour autant : « Nous sommes obligés de nous débrouiller avec nos motos face à l’incapacité du gouvernement d’offrir à tous des emplois décents, mais au lieu de trouver des solutions à nos problèmes, ils décident de les aggraver ».

Une grogne qui pourrait en réalité cacher un ras-le-bol général chez les conducteurs de taxis-motos qui ont déjà subi de plein fouet la hausse des prix des produits pétroliers en juillet 2015…