Tanzanie : élection du président, des députés et des conseillers municipaux

Par AFP

Le président sortant de la Tanzanie, Jakaya Kikwete, lors d'un meeting à Dar es Salaam le 23 octobre 2015 © Daniel Hayduk/AFP

Les Tanzaniens se rendaient aux urnes dimanche pour élire leur président, leurs députés et leurs conseillers municipaux lors d'un scrutin très serré qui pourrait mettre fin au règne du parti au pouvoir depuis l'indépendance dans le pays le plus peuplé d'Afrique de l'Est.

De longues files d’électeurs se sont formées plusieurs heures avant le lever du soleil dans la capitale Dar es Salaam, où les bureaux de vote ont ouvert comme prévu à 07H00 (04H00 GMT). Ils fermeront à 16H00 (13H00 GMT).

« Je suis heureux, car l’atmosphère de cette élection semble bonne – et le vote a commencé à l’heure », a déclaré Rahma Ahmed, après avoir déposé son bulletin dans l’urne à Zanzibar, une île semi-autonome de l’océan Indien au large de la Tanzanie.

Quelque 23 millions de Tanzaniens, sur 52 millions d’habitants, vont choisir le successeur de l’actuel chef de l’État Jakaya Kikwete, qui ne se représente pas, conformément à la Constitution, après avoir achevé son second mandat.

La course à la présidence se joue entre John Magufuli, 55 ans, du parti Chama Cha Mapinduzi (CCM) au pouvoir, considéré comme le favori parmi les huit candidats, et l’ex-Premier ministre Edward Lowassa, 62 ans, un vétéran du CCM désormais à la tête d’une coalition d’opposition.

Certains observateurs craignent que ce scrutin particulièrement serré ne débouche sur des violences post-électorales, alors que la prééminence du CCM, affaibli par des dissensions internes et des scandales de corruption, n’a jamais été autant menacée.

John Magufuli, l’actuel ministre des Travaux publics – surnommé le « Bulldozer » -, est loin d’avoir gagné d’avance, les quatre principaux partis d’opposition s’étant ralliés autour de la candidature d’Edward Lowassa, 62 ans, Premier ministre de 2005 à 2008, avant de devoir démissionner pour son implication dans un scandale de corruption.

Edward Lowassa a fait défection du CCM cet été pour rejoindre la formation d’opposition Chadema (Parti pour la démocratie et le développement). « Chassons le CCM du pouvoir, ce régime qui a été un échec pour le pays pendant ses 54 années au pouvoir », a-t-il lancé durant la campagne.

« Si vous perdez, acceptez la défaite »

Le président Jakaya Kikwete a quant à lui ordonné à la police de renforcer la sécurité pour assurer que le vote se déroule dans le calme.

« Cette élection sera la plus difficile, mais la plus excitante de l’histoire du pays », analyse le vétéran politique Pius Msekwa, ancien vice-président du CCM et vice-recteur de l’Université de Dar es Salaam.

« Si vous perdez, acceptez la défaite », a lancé cette semaine l’ancien présidant nigérian Goodluck Jonathan, qui dirige une équipe d’observateurs électoraux du Commonwealth.

MM. Magufuli et Lowassa ont également lancé des appels répétés en faveur de la préservation de la paix et de l’unité nationale, et dénoncé le tribalisme, la violence religieuse et la corruption.

Ces élections générales – les cinquièmes depuis l’instauration du multipartisme en 1992 – permettront aussi aux Tanzaniens de désigner leurs députés et conseillers municipaux. L’archipel semi-autonome de Zanzibar élira son propre président et ses députés.

Si la campagne s’est déroulée dans le calme à Zanzibar, les habitants ont stocké de l’eau et de la nourriture en prévision de possibles troubles après les élections. Sur l’archipel, le président Ali Mohamed Shein, du CCM, et le vice-président Seif Sharif Hamad, du Front civique uni (CUF), qui se partagent le pouvoir au sein d’un gouvernement de coalition, sont les favoris de l’élection présidentielle locale, pour laquelle 500 000 électeurs sont enregistrés.

Les résultats pour la Tanzanie sont attendus dans le courant de la semaine prochaine. Mais ceux de l’élection présidentielle à Zanzibar devraient être annoncés dès lundi, selon la commission électorale de l’archipel.

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