Tanzanie : la présidentielle s’annonce serrée

Par AFP

Le président Jakaya Kikwete, en août 2014. © Molly Riley/AP/SIPA

La campagne électorale s’achevait en Tanzanie samedi avec les derniers meetings des candidats avant l'élection présidentielle de dimanche, qui devrait être la plus serrée depuis l'indépendance dans le pays le plus peuplé d'Afrique de l'Est.

Le président sortant Jakaya Kikwete, qui ne se représente pas, conformément à la Constitution, après avoir achevé son second mandat, a ordonné à la police de renforcer la sécurité pour assurer que le vote de quelque 23 millions de Tanzaniens se déroule dans le calme.

« Je veux conduire le pays au développement et à la prospérité », a déclaré le favori parmi les huit candidats, John Magufuli, 55 ans, du parti Chama Cha Mapinduzi (CCM) au pouvoir, dans un de ses derniers discours de campagne.

« Tout le monde, a-t-il dit, mérite une vie meilleure, indépendamment de sa tendance politique. »

Mais l’actuel ministre des Travaux publics est loin d’avoir gagné d’avance, les quatre principaux partis d’opposition s’étant ralliés autour de la candidature d’Edward Lowassa, 62 ans, Premier ministre de 2005 à 2008, avant de devoir démissionner pour son implication dans un scandale de corruption.

« Chassons le CCM du pouvoir, ce régime qui a été un échec pour le pays pendant ses 54 années au pouvoir », a lancé Edward Lowassa pendant la campagne.

« Cette élection sera la plus difficile, mais la plus excitante de l’histoire du pays », analyse le vétéran politique Pius Msekwa, ancien vice-président du CCM et vice-recteur de l’Université de Dar es Salaam.

Le CCM, parti unique jusqu’en 1992 – et auparavant la Tanu (Union nationale africaine du Tanganyika) dont il est issu -, a remporté toutes les élections générales depuis l’avènement du multipartisme et dispose actuellement des deux-tiers des sièges au Parlement monocaméral.

Mais ce scrutin particulièrement serré pourrait déboucher sur des violences post-électorales, alors que la prééminence du CCM, affaibli par des dissensions internes – plusieurs hauts cadres ont fait défection – et des scandales de corruption, n’a jamais été autant menacée, selon des observateurs.

Ces élections générales – les cinquièmes depuis 1992 – permettront aussi aux Tanzaniens de désigner leurs députés et conseillers municipaux. L’archipel semi-autonome de Zanzibar élira son propre président et ses députés.

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