Finance

Standard Chartered estime un changement monétaire au sein de la zone CFA « peu probable »

Le nouveau texte instaure le découpage des politiques publiques en programmes ainsi que la programmation pluriannuelle de certaines dépenses. © DR

La banque britannique solidement implantée en Afrique affirme que malgré la forte baisse des réserves de change en Afrique centrale, la zone reste compétitive en raison notamment de la baisse de l'euro face au dollar.

Via son « baromètre du F CFA », Standard Chartered contribue au débat sur la monnaie commune aux 14 pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (Cemac).

Dans une étude en anglais datée du 20 octobre et titrée « Zone Franc CFA – C’est toujours la même chose », la banque britannique estime qu’un changement monétaire est peu probable : « Récemment, avant la réunion bi-annuelle entre les ministres des finances des pays membres de la zone F CFA et de la France qui s’est tenue début octobre, le président du Tchad, Idriss Deby Itno, a critiqué le F CFA; ce n’est pas la première fois qu’un président le fait (les préoccupations du Tchad ont été largement édulcorées depuis). En 2010, Abdoulaye Wade, alors président du Sénégal, avait critiqué le fait qu’une partie des réserves en F CFA soient conservées par le Trésor français. En outre, un ancien ministre du Togo a été très actif dans sa critique du système actuel », a rappelé Standard Chartered, ajoutant aussitôt que « la majorité des responsables politiques de la région sont en faveur du système actuel. La Côte d’Ivoire et le Cameroun, les deux poids lourds régionaux, sont de puissants soutiens de la zone F CFA ».

La banque britannique estime d’autant moins probable un changement qu’il n’existe selon son baromètre aucune pression économique importante le justifiant.

Standard Chartered rappelle que la parité fixe du F CFA avec l’euro lui a permis cette année de voir son cours diminuer de -13 % face au dollar, améliorant la compétitivité des pays exportateurs de matières premières (les exportations étant faites en dollars) sans affecter trop lourdement les pays importateurs puisqu’une large partie des importations sont payées en euros et que les prix du pétrole et des produits alimentaires sont bas.

Réserves de change en baisse

Standard Chartered est par ailleurs revenu sur le principal souci qui explique sans doute la position prise en août dernier par Idriss Deby Itno: la détérioration des finances publiques des pays de la Cemac, dans un contexte de forte baisse du prix de l’or noir.

« Le ratio des réserves de change par rapport à la monnaie M2 en circulation s’est amélioré à 34 % contre 30 % en janvier 2015 dans l’UEMOA. Pour la Cemac, région productrice de pétrole, la liquidité s’est considérablement détériorée, avec des réserves de change tombées à 57 % de M2, contre 70 % en janvier. Les réserves internationales de la Cemac sont de l’ordre de 11 milliards de dollars (environ 4,5 mois de couverture des importations) contre 13,2 milliards en janvier soit 5,3 mois de couverture des importations », a souligne la banque. 

Toutefois, cette dernière juge que cette pression n’implique pas une dévaluation imminente dans la mesure où il existe « une garantie de convertibilité de la monnaie par le Trésor français » et que « les banques centrales régionales de la zone CFA peuvent utiliser une facilité de découvert pour répondre aux besoins de liquidités ».

Standard Chartered rappelle que la dévaluation de 1994 avait été précédée de plusieurs années de croissance faible, alors que l’Uemoa a crû de +6 % en 2014 et devrait continuer à croître à ce rythme en 2015 et que malgré une baisse à +2,8% en 2015 contre +4,4% en 2014, la croissance de la Cemac reste « résiliente ».

 
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