Soudan du Sud : plus de 30 000 personnes risquent de mourir de faim selon l’ONU

Par Jeune Afrique avec AFP

Des femmes et des enfants attendent d'être soignées à l’hôpital de Médecins sans frontières à Leer, au Soudan du Sud, le 28 septembre 2015. © Josphat Kasire/AP/SIPA

La famine menace à nouveau des dizaines de milliers de Sud-Soudanais dans les régions les plus ravagées par la guerre civile, a averti l'ONU jeudi 22 octobre. Parmi elles, 30 000 personnes risquent de mourir de faim.

« 30 000 personnes au moins vivent dans des conditions extrêmes et risquent mourir de faim », selon un communiqué commun publié par trois organisations des Nations unies, l’Unicef, la FAO et le PAM. Bien que l’état de famine n’y ait pas été officiellement déclaré, le Soudan du Sud traverse sa pire phase en 22 mois d’un conflit marqué par de nombreuses atrocités.

Les zones les plus touchées se situent dans l’État d’Unité, dans le nord riche en pétrole, précise les trois organismes. « Sans un accès illimité à l’aide humanitaire, l’insécurité alimentaire peut s’aggraver et se transformer en famine dans certaines parties de l’État d’Unité », avertit donc le communiqué.

« De nombreux enfants risquent de mourir »

« Depuis le début des combats il y a près de deux ans, des enfants sont victimes du conflit, de la maladie, de la peur et de la faim », rapporte notamment le responsable de l’Unicef pour le Soudan du Sud, Jonathan Veitch. « Leurs familles se sont montrées exemplaires dans leur soutien mais elles ont épuisé aujourd’hui tous les mécanismes pour faire face. Les agences peuvent leur venir en aide mais seulement si nous avons un accès complet (aux zones affectées). Sinon, de nombreux enfants risquent de mourir », ajoute-t-il.

La guerre civile, qui a conduit au blocage d’une partie de l’aide, ravage le pays depuis décembre 2013. En dépit d’un accord de paix signé fin août, des combats intenses s’y déroulent, accompagnés d’enlèvements en grand nombre et de viols de femmes et d’enfants, écrivent les trois organisations. Marqué par des massacres et des atrocités d’une violence inouïe attribués aux deux camps, le conflit a provoqué la mort de dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais de leurs foyers.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici