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La RD Congo se dote de nouveaux billets

Par Jeune Afrique

La RD Congo ne disposait jusqu'à présent que de petites coupures de francs congolais. © D.R.

De nouvelles coupures de 1 000, 5 000 et 10 000 Francs congolais entrent en circulation en RD Congo ce lundi 2 juillet. Objectif : rétablir l'usage de la monnaie nationale.

De nouveaux billets entre les mains des Congolais. Des coupures de 1 000, 5 000 et 10 000 Francs congolais (CDF) sont progressivement mises en circulation depuis lundi dans les grandes villes de la RD Congo, et « particulièrement dans les principaux pôles d’activité économique », avant d’être injectées « vers les autres centres urbains et ruraux », a déclaré début juin le gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Masangu. « Ces émissions se feront uniquement à travers les banques commerciales et non aux guichets de la Banque centrale », a-t-il souligné, alors que des citoyens s’inquiètent après des rumeurs de cartons de billets circulant en ville.

La mesure a pour but d’alléger les transactions. Actuellement, l’ex-Zaïre ne dispose que de coupures de 50, 100, 200 et 500 CDF. Or leur valeur a dégringolé face au dollar américain. « Le billet de 100 CDF en juin 1998, lors de son lancement, représentait 72,5 USD. Aujourd’hui, il ne vaut que 0,1 USD. De même, la plus grande coupure actuelle de l’éventail fiduciaire, le billet de 500 CDF, ne représente que 0,6 USD », a rappelé Jean-Claude Masangu. Résultat : les Congolais dépourvus de billets verts doivent régler certaines factures avec des sacs en plastique souvent remplis de plusieurs dizaines de bottes de billets. Peu pratique, guère sécurisant, et chronophage lors des transactions.

Création de nouveaux produits

Onéreux, aussi. La réforme vise donc de surcroît à « réduire les coûts de production, de stockage, de transport et de distribution des billets de banque », précise le gouverneur. « Un billet de 50, 500 ou 200 francs coûte la même chose qu’un billet de 10 000 en termes d’impression, alors il y a une économie à faire », précise Evariste Mabi Mulumba, ancien président de la Cour des comptes et actuellement à la tête de la Commission économique, financière et de bonne gouvernance au Sénat. « Et il ne faut pas oublier que nos billets de banque sont importés en devises, et que même si on les fabrique localement, les intrants sont importés, ce qui nécessite encore des devises », ajoute-t-il.

La réforme fiduciaire doit enfin combattre « l’aggravation de la dollarisation de l’économie à concurrence de 89,0% », car elle incitera les 68 millions de Congolais à utiliser leur monnaie non comme un « sous multiple du dollar », mais comme un « instrument de paiement stable, fiable et sûr », explique Jean-Claude Masangu, qui se veut rassurant concernant les craintes d’inflation. À terme, la Banque centrale espère la création de nouveaux produits bancaires et financiers : elle imagine, entre autres, un crédit en monnaie nationale ou encore l’approvisionnement en francs congolais des distributeurs automatiques de billets.

« De tels projets peuvent participer à faire reculer la dollarisation », confirme Godefroid Kabengele Dibwe, professeur d’économie internationale à l’Université de Kinshasa : « La monnaie nationale doit jouer pleinement ses fonctions d’intermédiaire des échanges, de réserves de valeur, d’unité de compte… Cela pourrait lui permettre de ne pas être une monnaie qui va à la chasse ou à la pourchasse du dollar américain ».

 

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