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Dambisa Moyo : vive la Chinafrique !

Âgée de 43 ans, elle était en 2009 l'une des cent femmes les plus influentes selon Time. © Dambisa Moyo

Dans son troisième livre, l'intellectuelle zambienne Dambisa Moyo s'en prend à quelques idées reçues sur l'insatiable appétit de la Chine en Afrique.

À 43 ans, la pétulante économiste Dambisa Moyo n’en est pas à son coup d’essai. En 2009, son premier livre, L’Aide fatale, avait enflammé la presse et les intellectuels : elle accusait l’aide au développement d’aggraver la situation en Afrique plutôt que de l’améliorer, et prônait, à la place, une politique libérale. Était-ce une réminiscence de son passage à la Banque mondiale ? Malgré la bronca de certaines ONG, son ouvrage a été salué : elle donnait un coup de pied dans la fourmilière. Le président rwandais, Paul Kagamé, séduit pas les thèses qu’elle y défendait, l’aurait même offert à ses collaborateurs.

Son deuxième livre (2010) ne fut pas moins sulfureux, puisqu’il s’attaquait aux États-Unis, colosse aux pieds d’argile sur le point de perdre son hégémonie mondiale, écrivait-elle en résumé.

Pari osé

Avec Winner Take All (qu’on pourrait traduire par « le vainqueur rafle la mise »), l’économiste née à Lusaka, en Zambie, tente de démontrer pourquoi le monde connaîtra une pénurie croissante de ses ressources – eau, minerais, énergie, nourriture… Un pari osé, puisque prédire aujourd’hui ce qu’il adviendra demain des matières premières est un exercice risqué auquel peu d’économistes se livrent encore. Mais il faut bien entretenir son statut : devenue une intellectuelle en vue, l’ancienne chef économiste en charge de l’Afrique subsaharienne chez Goldman Sachs a intégré en 2009 le classement des cent femmes les plus influentes publié chaque année par le magazine américain Time.

Son nouvel opus prend cette fois la Chine pour objet, sa soif de matières premières et sa stratégie pour en acquérir. La diplômée de Harvard explique ainsi que l’empire du Milieu n’a cessé de tisser des liens avec l’Afrique et l’Amérique latine, privant les pays occidentaux d’affaires potentielles. Et contrecarre certaines idées négatives sur la Chinafrique. Une fois de plus, elle met en lumière les faiblesses d’un Nord en pleine tourmente. L’acharnement d’une Africaine contre l’Occident ? Résidant à Londres, elle dit ne plus être uniquement africaine, ni totalement européenne, ni spécialement américaine. Une position avantageuse, justement, pour écrire, dit-elle, de manière impartiale. 

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