Politique économique

Maroc : nette réduction du budget des subventions en 2016

Mohamed Boussaïd est le minsitre marocain de l'Économie. © Alexandre Dupeyron pour JA

Selon le nouveau projet de loi de Finances, l'enveloppe consacrée aux subventions devrait baisser à 15,5 milliards de dirhams contre 31 milliards de dirhams prévus dans celui de 2015.

Le gouvernement marocain prévoit de consacrer 15,5 milliards de dirhams (1,41 milliard d’euros) aux subventions l’an prochain. C’est ce que dévoile le projet de loi de Finances 2016 [PDF] présenté hier par le ministre de l’Économie Mohamed Boussaïd.

« Ces crédits sont destinés d’une part, à soutenir les prix à la consommation du gaz butane, de la farine nationale de blé tendre et du sucre, et d’autre part, à financer les mesures d’accompagnement y compris l’appui à l’ONEE [l’Office nationale de l’eau et de l’électricité, Ndlr] », explique le texte du gouvernement.

Recul des cours du pétrole

Il y a un an, le projet de loi 2015 annonçait une enveloppe de 31,19 milliards de dirhams au titre des crédits de compensation. Dans les faits, le Maroc a dépensé sensiblement moins que prévu cette année en subventions, en raison du net recul des cours du pétrole.

Fin septembre, ces dépenses ont atteint 10,56 milliards. Elles devraient atteindre 14 milliards de dirhams au total cette année, alors que les crédits ouverts au titre de cette charge s’élèvent à 30,4 milliards de dirhams.

Aussi, pour l’année à venir, le Maroc a ajusté cette enveloppe à la nouvelle conjoncture sur le marché pétrolier.

Prévisions

Le budget des subventions annoncé en 2016, bien qu’inférieur de moitié à celui de 2015, est légèrement supérieur aux montants que devrait effectivement dépenser le royaume cette année, en raison notamment d’une prévision plus haute du prix du pétrole.

« L’exercice de prévision table sur un cours de pétrole de 56 dollars le baril en 2015 et 61 dollars en 2016 après environ 100 dollars le baril en 2014 et un prix du gaz butane de 450 dollars la tonne en 2016 [contre 415 dollars en moyenne depuis le début de l’année, Ndlr] », explique le gouvernement marocain.

Dans sa note, le gouvernement se réjouit que « les mesures mises en œuvre pour réformer le système des subventions ont permis de réduire considérablement le poids de la charge de compensation dans le budget de l’État ». Durant la seule année 2014, elle a baissé de -21,5 % selon le gouvernement.

Croissance

Pour 2016, les autorités tablent sur une croissance de 3 % au Maroc, contre 5 % attendu en 2015.

Une décélération qui cadre premièrement avec « le repli attendu des activités agricoles sous l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne de 70 millions de quintaux après un record de 115 millions de quintaux en 2015 ».

Cette prévision tient compte également des « éléments d’incertitudes qui pèsent sur l’évolution de la conjoncture, en lien avec l’activité chez nos principaux partenaires commerciaux et ses répercussions sur la dynamique nationale, notamment, en matière d’activité touristique ».

Déficit

Le gouvernement table sur des recettes ordinaires de 224,1 milliards de dirhams en 2016 (+2,8 % par rapport à 2015) pour des dépenses ordinaires estimées à 216,9 milliards de dirhams en 2016 (-0,8 % par rapport à 2015), dont environ 53 milliards de dirhams de dépenses d’investissement.

Selon les prévisions du gouvernement marocain, le déficit budgétaire est attendu à -3,5 % du PIB en 2016, contre -4,3 % en 2015 après -6,8 % en 2012, -5,1 % en 2013 et – 4,6 % du PIB en 2014.

 

 

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