Zambie : quand le président demande à Dieu de « soigner » son pays en crise

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe et le président de la Zambie, Edgar Lungu. © STR/AP/SIPA

Face à la crise économique qui frappe violemment le pays, le président zambien Edgar Lungu s'en est remis à Dieu pour "soigner" son pays lors d'une journée nationale de prière convoquée dimanche 18 octobre. Objectif : invoquer l'intervention divine pour résoudre la chute vertigineuse de la monnaie nationale.

« Notre Dieu a entendu nos pleurs. Il nous a pardonné nos péchés et nous sommes sûrs qu’il va soigner notre pays qui fait face à de graves problèmes socio-économiques », a prêché Edgar Lungu à Lusaka devant quelque 5 000 personnes.

Il a appelé « ceux qui ont des idées brillantes à les présenter » à son gouvernement. « Vous savez tous que Dieu est amour et j’en appelle à chacun d’entre vous pour faire de votre mieux et laisser le reste entre les mains de Dieu », a encore ajouté Edgar Lungu.

Une prière pour « remettre l’économie sur la bonne voie »

Dimanche 18 octobre, le président avait décrété un jour national de prière en Zambie, où 85% de la population est chrétienne. Les bars sont aussi restés fermés jusqu’à 18 heures comme l’avait ordonné le président. Par solidarité, la fédération zambienne de football avait également reporté tous les matches prévus dimanche. L’ex président Kenneth Kaunda en a, lui aussi, appelé à Dieu pour qu’il guide l’actuel président.

« Dieu, continue à nous aider à trouver des solutions au problème que ce jeune homme pourrait rencontrer à l’avenir », a-t-il déclaré, en touchant la tête de Edgar Lungu. Durant la cérémonie, l’évêque Peter Ndlobvu a de même estimé que Dieu pourrait résoudre la crise économique en Zambie. « À ceux qui demandent si une prière peut remettre l’économie sur la bonne voie, je réponds oui. Parce que la Bible dit que l’or et l’argent appartiennent à Dieu », a-t-il affirmé.

Grave crise économique 

Il faut dire que la situation économique s’aggrave. La devise zambienne, le kwacha, a perdu 45% de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année. En cause : une baisse vertigineuse des prix du cuivre, qui représente 70% des exportations. Conséquence directe, les prix des denrées alimentaires ont explosé, alors que le pays est frappé par une sécheresse qui perturbe la production hydroélectrique de la Zambie.

Autre nouvelle de mauvaise augure : le géant suisse du négoce de matières premières Glencore compte réduire ses activités dans le pays. Selon le gouvernement, l’entreprise entend supprimer 3 800 emplois dans le pays, en raison de la chute du cours du cuivre et des coupures d’électricité.

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