Burkina Faso : mort du journaliste Pierre Dabiré

Par Jeune Afrique avec AFP

Scène de fin de journée sur la place des Nations unies au centre-ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. © Nyaba Leon Ouedraogo pour J.A.

Pierre Dabiré, journaliste burkinabè très réputé pour son engagement dans la lutte pour les droits humains et la liberté de la presse, est mort mardi 13 octobre à Ouagadougou des suites d'une courte maladie.

Le Burkina Faso vient de perdre l’un de ses plus célèbres journaliste. « Le Centre national de presse Norbert Zongo du Burkina Faso a le profond regret » d’annoncer « le décès du journaliste Tiergou Pierre Dabiré », a fait savoir cette organisation, qui regroupe les principales associations de médias du pays.

Cofondateur en 2004 du Réseau africain des journalistes pour la transparence et l’intégrité (RAJIT), dont il était le président pour la section du Burkina, Pierre Dabiré , 61 ans, était un infatigable militant pour la liberté de la presse. Ancien journaliste à Sidwaya, le quotidien d’État fondé par Thomas Sankara en 1984, il avait fini par prendre sa retraite en décembre 2014, après une carrière bien remplie.

Pierre Dabiré avait en effet été membre fondateur et élu du premier bureau du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (Synatic, syndicat unique des journalistes), puis secrétaire général de l’Association des journalistes du Burkina jusqu’en novembre 2014.

Membre de la commission d’enquête sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo

En 1999, il avait par ailleurs été membre de la Commission d’enquête indépendante (CEI) ayant mené les investigations sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Ce journaliste d’investigation, directeur de publication de l’hebdomadaire L’indépendant avait été tué le 13 décembre 1998 alors qu’il enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, le frère cadet du président burkinabè déchu Blaise Compaoré.

La CEI avait désigné « six suspects sérieux » tous membres de l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP), dissout au lendemain du putsch manqué du 17 septembre dernier. Mais aucune condamnation n’a jusque-là été prononcée dans cette affaire, rouverte par la justice en avril.

Pierre Dabiré prenait également part à la Commission de la réconciliation nationale et des réformes (CRNR). Une instance mise en place par les autorités après la chute de Blaise Compaoré. Il devrait être inhumé dans son village natal à Dano (sud-ouest) ce jeudi 15 octobre.

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