Tchad : le gouvernement annonce de nouvelles mesures d’austérité

Par - à N'Djaména

Kalzeubet Pahimi Deubet est le Premier ministre tchadien. © DR

Confronté à une baisse drastique des revenus pétroliers et des recettes fiscales, le gouvernement de Kalzeubet Pahimi Deubet a décidé de prendre plusieurs mesures d'économie contenues dans une nouvelle feuille de route.

C’est sans doute les syndicats, vent debout depuis quelques semaines contre l’austérité annoncée, qui sont soulagés. La coupe de 50 % des indemnités salariales ne concernera que les institutions (Présidence, gouvernement, Cour des comptes, etc.) et non l’ensemble des travailleurs comme ils le redoutaient.

La mesure sera appliquée jusqu’à la fin de l’année, le temps d’apprécier l’évolution de la situation. « On pourra faire plus si la situation perdure » a prévenu le Premier ministre tchadien Kalzeubet Pahimi Deube à la clôture du séminaire gouvernemental organisé du 06 au 07 octobre et auquel ont été conviés syndicats, patronat et partis politiques.

Le gouvernement essaie de combler le gap de 400 milliards de F CFA (610 millions d’euros) entre les recettes et les dépenses prévues cette année.

L’État s’interdit aussi toute acquisition de véhicules et les missions à l’étranger ne seront autorisés qu’en cas d’absolue nécessité. Pendant ce temps, les fonds spéciaux destinés aux activités publiques, déjà réduits depuis le début de l’année, le seront d’avantage.

Dette intérieure

Pour relancer l’économie intérieure, le gouvernement entend négocier le rachat de sa dette vis-à-vis des entreprises locales par les banques. Cette dette intérieure est estimée à 700 milliards de F CFA par le patron des patrons tchadien Bichara Doudoua qui indique que déjà 5 000 emplois ont été perdus depuis le début de l’année.

« Il faut procéder à cet apurement », admet le ministre des Finances, Leopold Ngarlenan Docdjengar qui estime que « quand les entreprises ne sont pas payées, elles ne payent pas l’impôt et cela met aussi le Trésor en difficultés surtout dans le contexte actuel où les revenus pétroliers sont très faibles ».

Fin juin, les services fiscaux n’avaient pas atteint 30 % de recouvrement des impôts et taxes. Une situation qui a rendu les fins de mois difficiles malgré l’appui budgétaire de 96 millions de dollars accordé par les bailleurs de fonds.

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