Palestiniens et opposition israélienne évoquent le risque d’une troisième intifada

Par Jeune Afrique avec AFP

Des jeunes palestiniens lors de heurts avec les forces de sécurité israéliennes à Hébron, le 4 octobre 2015. © AFP/Hazem Bader

L'armée israélienne a tué dimanche un jeune palestinien en Cisjordanie occupée, où des heurts opposaient Palestiniens et soldats israéliens dans plusieurs localités. Le Premier ministre israélien a affirmé livrer une guerre totale au "terrorisme palestinien".

La mort d’Houzeifa Othmane Souleimane (18 ans) dimanche 4 octobre fait redouter un emballement de la spirale de la violence qui a déjà fait, selon le Croissant-Rouge palestinien, plus de 150 blessés, touchés par des balles réelles ou des balles caoutchoutées de l’armée israélienne.

Durant la semaine, quatre Israéliens ont été tués : un couple de colons criblés de balles jeudi soir sous les yeux de leurs enfants dans le nord de la Cisjordanie, puis deux hommes samedi soir dans la Vieille ville.

L’auteur de cette dernière attaque, présenté par le Jihad islamique comme un de ses membres, a aussitôt été abattu par la police israélienne, tandis que la traque se poursuit en Cisjordanie pour retrouver les auteurs des tirs qui ont tué Eitam et Naama Henkin jeudi soir. L’armée israélienne a mené un raid à Naplouse (Nord) et annoncé avoir arrêté des suspects sans donner plus de précisions.

Après l’attaque de samedi soir, un deuxième Palestinien accusé d’avoir mené une attaque au couteau a été abattu par la police. Une vidéo circulant dimanche le montrait s’éloignant en marchant de ses poursuivants qui crient : « Tirez lui dessus » et « Mort aux Arabes », jusqu’à ce qu’un policier l’abatte.

En réponse à ces violences, Israël a pris la mesure exceptionnelle de boucler pour deux jours la Vieille ville de Jérusalem aux Palestiniens. Habituellement grouillante, la partie orientale de la Vieille ville avait des airs à la fois de ville fantôme et de camp retranché, avec ses magasins fermés, ses ruelles parcourues seulement par les touristes et ses portes gardées par des centaines de policiers.

Protestations contre les restrictions israéliennes

Les policiers israéliens ont dispersé à coups de grenades assourdissantes et de projectiles caoutchoutés quelques dizaines de manifestants qui protestaient contre les restrictions imposées par les autorités israéliennes. « C’est mon devoir national et mon devoir religieux de défendre Al-Aqsa », la mosquée qui se trouve sur l’esplanade des Mosquées en surplomb de la Vieille ville, a expliqué l’une des manifestantes, Oum Mohammed.

À l’extérieur de la Vieille ville, dans le quartier d’Essaouiya (Jérusalem-Est), d’où venait le second assaillant abattu, des dizaines de jeunes masqués ont fait tomber sur les policiers israéliens une pluie de pierres à laquelle les policiers ont répliqué par des tirs de projectiles anti-émeutes, dans des scènes rappelant les intifadas passées.

La Cisjordanie occupée est elle aussi en proie aux tensions. Dimanche dans la nuit des dizaines de jeunes Palestiniens affrontaient les soldats israéliens aux check-points reliant la Cisjordanie à Jérusalem. De multiples accrochages entre Palestiniens et soldats israéliens ainsi que des attaques de colons israéliens contre des Palestiniens ont été rapportés depuis jeudi soir.

« Un combat jusqu’à la mort contre le terrorisme palestinien »

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a réuni ses principaux responsables de sécurité dimanche soir. Israël « mène un combat jusqu’à la mort contre le terrorisme palestinien », a-t-il déclaré, affirmant avoir ordonné « l’accélération des démolitions des maisons des terroristes » afin de « stopper le terrorisme, dissuader et punir les assaillants ».

Différentes voix se sont alarmées ces derniers jours d’un risque d’embrasement. Palestiniens et opposition israélienne ont évoqué le danger d’une troisième intifada.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est inquiété que les événements récents « témoignent d’un dérapage dangereux vers une escalade », et a lancé un appel au calme. Dans un entretien téléphonique avec M. Ban, le président palestinien Mahmoud Abbas a demandé la protection internationale contre les attaques des colons.

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