Compétitivité : la Tunisie poursuit sa chute

Par - à Tunis

Manifestants célébrant le troisième anniversaire de la chute de Ben Ali en janvier 2014. © Anis Mili/Tunisie

Pour l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), qui a organisé une rencontre ce mercredi à Tunis autour de la nouvelle édition du Rapport mondial sur la compétitivité, le recul de la Tunisie n'est pas une surprise. Le pays a reculé de 60 places en quatre ans. Explications.

La Tunisie est classée 92e sur 140 pays, perdant cinq places par rapport à l’an dernier, dans le classement «Compétitivité globale» 2015-2016 élaboré par le Forum économique mondial. Le pays obtient un peu plus de la moyenne avec une note de 3,93 sur 7.

En Afrique, la Tunisie se classe neuvième derrière Maurice, l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Botswana, le Maroc, la Namibie, l’Algérie et la Côte d’Ivoire. Le pays est en dixième position parmi les États arabes (Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Oman, Jordanie, Maroc et Algérie).

Chute

« Ce n’est une surprise. Nous nous attendions à un recul. Le pays ne marche pas, même pas sur la tête », se désole Faycel Derbel, le porte-parole de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) qui a présenté le classement ce mercredi à Tunis.

Contrairement à ce qui aurait pu être attendu, c’est la dégradation du marché du travail qui est la principale cause de cette chute devant l’impact du terrorisme.

La Tunisie n’atteint que la 133e place concernant le pilier « efficacité du marché de l’emploi », une perte de 52 rangs en 4 ans. Le pays souffre notamment des tensions sociales qui secouent le pays depuis plus d’un an (la Tunisie est 125e en terme de « qualité des relations sociales »). La Tunisie arrive en 128e position dans l’indication de coût du terrorisme pour les affaires.

Frein

Le système bancaire et financier est également source d’inquiétude pour l’IACE. La Tunisie est 120e concernant l’épargne nationale. « Or sans épargne, pas d’investissement et sans investissement, pas d’emplois », résume Faycal Derbel.

Le manque de capacité d’innovation (109e) et les problèmes de corruption (92e) plombent le résultat global du pays. Pour les entrepreneurs tunisiens interrogés, l’inefficacité de la bureaucratie est le principal frein à la compétitivité.

Au titre des bonnes nouvelles, l’environnement des données macroéconomiques (79e concernant l’équilibre du budget gouvernemental) et le fonctionnement des institutions de base (57e pour le respect du droit à la propriété) sont en hausse par rapport à l’an dernier.

Le classement «Compétitivité globale» du Forum économique mondiale repose sur 114 critères.

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