France : la SNCF condamnée pour la discrimination de centaines de cheminots marocains

Par Jeune Afrique avec AFP

Un employé de la SNCF à la gare St Charles de Marseille. © Claude Paris/AP/SIPA

La SNCF a été condamnée lundi pour discrimination envers plusieurs centaines de Chibanis marocains, a annoncé le Conseil des Prud'hommes de Paris. Ces derniers accusaient la compagnie ferroviaire française d'avoir bloqué leur carrière.

Ils étaient plus de 800 cheminots de nationalité ou d’origine marocaine à avoir déposé des recours contre la SNCF affirmant avoir été bloqués dans leur carrière et lésés à la retraite par la compagnie ferroviaire française. Lundi 21 septembre, la justice leur a donné raison : la SNCF a été condamnée dans neuf dossiers sur dix, selon un conseiller aux prud’hommes.

La compagnie ferroviaire est condamnée pour discrimination dans l’exécution du contrat de travail et dans les droits à la retraite. La fourchette des dommages et intérêts va de 150 000 à 230 000 euros, selon Abdelkader Bendali, professeur marocain. Environ 150 de ces chibanis (cheveux blancs en arabe) s’étaient rendus lundi matin au Conseil des prud’hommes de Paris pour prendre connaissance des décisions. Des jugements accueillis  par des applaudissements et quelques cris : « Vive la République, vive la France, vive la justice ! »

Les employés marocains n’avaient pas tous le même statut 

Ahmed Katim, recruté en 1972 comme contractuel, était ainsi en larmes. « C’est une énorme satisfaction, la dignité pour les Marocains et la fin d’un combat de 15 ans. » Les plaignants, travailleurs immigrés venus du Maroc au début des années 70, réclamaient chacun en moyenne 400 000 euros de dommages et intérêts.

Embauchés comme contractuels, donc avec un contrat de droit privé, ces agents à la retraite, ou proches de l’être, ne relèvent pour la plupart pas du statut particulier des cheminots, plus avantageux, réservé aux ressortissants européens et aux jeunes embauchés. Dans tous les cas, y compris pour les cheminots naturalisés ayant accédé au statut, ils affirment avoir été cantonnés aux plus bas niveaux de qualification et avoir été lésés.