Libye : l’ONU accuse l’armée du gouvernement reconnu de saper les efforts de paix

Par Jeune Afrique avec AFP

Un soldat libyen à Al Ajaylat, à 120 kilomètres de Tripoli, en février 2015. © Mohamed Ben Khalifa/AP/SIPA

La mission de l'ONU pour la Libye a accusé dimanche les forces du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale de saper les négociations de paix en cours après le lancement d'une offensive militaire à Benghazi (est).

Les frappes aériennes (à Benghazi) sont une tentative claire de saper et faire dérailler les efforts en cours pour mettre fin au conflit, au moment où les négociations sont entrées dans leur phase finale, a déclaré la mission des Nations unies pour la Libye (UNSMIL) dans un communiqué reçu par l’AFP à Tripoli.

Les pays de l’Union européenne, les Etats-Unis, la Turquie et le Maroc ont également condamné le regain des hostilités et les frappes aériennes contre la population civile de Benghazi.

La Libye est déchiré depuis un an par un conflit qui oppose deux autorités rivales: un gouvernement reconnu par la communauté internationale basé à l’est du pays et une administration rivale soutenu par une coalition de milices, dont certaines islamistes, établi à Tripoli la capitale.

L’ONU espérait arriver à convaincre les deux parties d’accepter dimanche un accord sur la formation d’un gouvernement d’unité nationale afin de mettre fin aux combats. Les négociations sont en cours sous l’égide de l’ONU, au Maroc, dans la station balnéaire de Skhirat.

Les Etats-Unis et cinq pays européens (France, Italie, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni) avaient pressé vendredi les Libyens de se mettre d’accord sur ce gouvernement d’union d’ici la fin septembre afin d’ouvrir la voie à une aide économique et sécuritaire pour ce pays en proie au chaos.

Dans ce contexte, l’annonce par le commandant des forces armées du gouvernement reconnu, le général Khalifa Haftar, d’une nouvelle opération militaire à Benghazi a été vivement condamnée par l’ONU.

Le général a donné instruction aux pilotes (…) et aux chefs des opérations dans les zones ouest de frapper le QG des groupes qui combattent les forces gouvernementales à Benghazi, a précisé l’agence officielle LANA, porte-voix du gouvernement reconnu.

Parmi les groupes visés figurent Ansar al-Sharia, des islamistes radicaux proches d’Al-Qaïda, l’organisation Etat islamique (EI) mais également des milices soutenant le gouvernement rival de Tripoli.

Selon l’agence LANA, cette opération intervient pour préparer l’avancée de troupes de l’armée (du gouvernement reconnu) pour mener une bataille sur le terrain dans Benghazi.

La mission de l’ONU a appelé à l’arrêt immédiat des combats à Benghazi et dans toute la Libye (…), pressant les parties de s’abstenir de toute escalade afin de donner une chance aux pourparlers en cours de se conclure par un succès dans les heures qui viennent.

Benghazi a souffert depuis trop longtemps. Les récentes frappes aériennes ne feront que rajouter de la souffrance pour les populations, a-t-elle ajouté en rappelant que plus de 100.000 civils ont été déplacés par la guerre civile qui fait rage en Libye depuis un an.

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