Burkina : Macky Sall et Boni Yayi à médiation forcée

Par Jeune Afrique avec AFP

Le général Gilbert Diendéré (g) et Macky Sall (d), le 18 septembre à Ouagadougou. © Theo Renaut/AP/SIPA

La médiation se poursuit au Burkina Faso, sous la direction de Macky Sall et Boni Yayi, qui ont multiplié les rencontres, avec Michel Kafando notamment. Un schéma de sortie a été proposé.

Les présidents sénégalais et béninois ont poursuivi samedi leurs consultations au Burkina Faso après s’être longuement entretenus la veille avec le général putschiste Gilbert Diendéré, dans l’espoir de permettre au pays qui devait aller aux urnes en octobre de reprendre rapidement « sa marche vers la démocratie ». Ces entretiens se sont déroulés dans l’hôtel Laïca de Ouagadougou, où la tension reste importante.

Dans la capitale, où les appels à la « désobéissance civile » se sont multipliés, les maisons de deux anciens proches de l’ex-président Blaise Compaoré – Simon Compaoré, ancien maire de Ouagadougou et Salif Diallo qui ont tous deux rejoint les rangs de l’opposition en 2014 – ont en effet été saccagées dans la nuit de vendredi à samedi.

Seuls quelques marchés et magasins avaient rouvert samedi matin. Mais la plupart des stations essence et des banques restaient fermées. Le président de l’Assemblée du régime renversé, Cherif Sy, avait appelé vendredi la population à la mobilisation, tout comme le mouvement « Balai citoyen », en pointe dans le soulèvement populaire contre M. Compaoré l’an dernier.

Le Cadre de Concertation des Partis politiques (CCPP), qui réunit les partis de l’ancienne opposition à Blaise Compaoré, a quant à lui exigé le maintien des élections prévues en octobre, sous peine de « désobéissance civile ».

Aller aux élections « dans la paix »

Arrivés la veille au Burkina, le président sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), ainsi que son homologue béninois Thomas Boni Yayi ont rencontré samedi des membres de l’opposition, des syndicats ainsi que des hauts gradés militaires.

Ils se sont également entretenus avec le président du régime de transition du Burkina Faso, Michel Kafando, libéré jeudi soir après avoir été séquestré par les putschistes. Les deux chefs d’État africains ont également revu samedi Gilbert Diendéré, à l’hôtel Laïco.

« Nous voulons tout simplement avoir des propositions pour aller aux élections dans la sérénité dans la paix, et faire en sorte que les résultats soient incontestés et incontestables », avait assuré M. Diendéré sur TV5 Monde vendredi soir.

Macky Sall, lui, avait appelé vendredi en fin de soirée à lancer « une dynamique de réconciliation nationale, de pardon, arrêter la violence, faire en sorte qu’un schéma accepté par tous et bien entendu de la communauté internationale, puisse permettre au pays de se repositionner dans sa voie et dans sa marche vers la démocratie ».

Samedi, en fin d’après-midi, le président sénégalais annoncé qu’un schéma avait effectivement été proposé. Ce ne pourrait être que le premier d’une longue série.

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