Les miniers Anglogold Ashanti et Randgold Resources créent une coentreprise au Ghana

Par Jeune Afrique

Randgold exploite la mine d'or de Tongon, en Côte d'Ivoire. © Olivier pour Jeune Afrique

Les deux groupes miniers ont conclu un accord afin de créer une coentreprise dans le pays, d'après un communiqué des deux sociétés. L'objectif est d'exploiter ensemble la mine d'or d'Obuasi, située à 320 kilomètres au nord-ouest d'Accra et dont la licence d'exploitation appartient à Anglogold.

Le groupe sud-africain Anglogold Ashanti et le britannique Randgold Resources  – coté à Londres, mais dirigé par le sud-africain Mark Bristow – poursuivent leur partenariat en Afrique.

Après s’être notamment associés à Kibali en RD Congo et à Morila au Mali, les deux géants miniers vont de nouveau collaborer ensemble dans la mine d’Obuasi au Ghana. Celle-ci dispose de réserves estimées à 5,29 millions d’onces d’or.

Une coentreprise pour réduire les coûts

Selon les termes de l’accord, Randgold va proposer et mener un plan de développement de la mine d’Obuasi, afin d’accroître sa durée de vie en visant une réduction des coûts et un retour sur investissement viable. Des études de faisabilité d’une durée indicative de quatre mois seront menées au préalable.

« Obuasi dispose de ressources de classe mondiale. Nous devons maintenant voir si nous pouvons la convertir en mine de classe mondiale. Nous avons un long historique de coopération avec Anglogold Ashanti et nous sommes heureux de travailler à nouveau avec eux, dans l’objectif de trouver un futur viable pour Obuasi », a déclaré Mark Bristow, le PDG de Randgold.

La création de la société mixte devra toutefois être soumise à l’approbation des conseils d’administration de chacune des parties, de la banque centrale sud-africaine et des autorités ghanéennes. Elle ne sera donc pas opérationnelle avant la fin du premier trimestre 2016.

Relance de la production souterraine

En 2012, Anglogold avait entrepris un programme de modernisation de la mine d’Obuasi qui comprenait notamment des opérations souterraines et le développement d’infrastructures. Mais fin 2014, le premier producteur d’or du continent y a limité son activité avec une réduction des emplois et l’arrêt de la production souterraine.

La tendance des groupes miniers est au regroupement dans des projets communs dans le but de mutualiser les coûts et de réduire les risques en cas d’échec. Ce projet d’alliance au Ghana en est une illustration supplémentaire. De fait, Anglogold, troisième producteur d’or de la planète, est dans une phase de réduction drastique de ses coûts et de son endettement. Ce désengagement partiel de la mine d’Obuasi s’inscrit dans cette stratégie.

Outre son pays d’origine, le sud-africain Anglogold est actif au Ghana, en Guinée, en RD Congo, au Mali et en Tanzanie. En 2014, le groupe a réalisé 5,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires. De son côté, Randgold est présent en Côte d’Ivoire, au Mali, en RD Congo et au Sénégal et a enregistré 1,17 milliard de dollars de revenus l’an dernier.