Burkina : la deuxième journée du coup d’État minute par minute

Par Jeune Afrique

Un homme en uniforme annonce un coup d'État au Burkina, le 17 septembre 2015. © Capture d'écran

Un homme en uniforme est apparu ce matin à la télévision nationale pour annoncer la dissolution du gouvernement de transition et du Conseil national de transition. Des tirs sont en cours à Ouagadougou, quadrillée par des patrouilles du RSP. Le général Gilbert Diendéré a été proclamé président.

Alors que la situation était confuse depuis mercredi 16 septembre dans l’après-midi, et la prise d’otage du président de la transition, Michel Kafando, et du Premier ministre, Isaac Zida par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) à Ouagadougou, un homme en uniforme, le lieutenant-colonel Mamadou Bamba, est apparu tôt, ce 17 septembre au matin, à la télévision nationale et a annoncé la dissolution du gouvernement et la « démission » du président.

Le général Gilbert Diendéré a ensuite été proclamé président du Conseil national pour la démocratie (CND), tandis qu’un couvre-feu était instauré. Les populations tentent de se mobiliser alors que le RSP cherchent à maintenir l’ordre. De nombreux blessés ont été constatés. Il y aurait au moins six morts.

Lire l’interview exclusive de Gilbert Diendéré, joint par Jeune Afrique ce jeudi.

Cliquez ici pour revivre la soirée d’hier et la prise d’otages du président de la transition et du Premier ministre et suivez les événements d’aujourd’hui en direct ci-dessous.

EN DIRECT

20h17 : C’est la fin de ce direct.

20h14 : Un calme précaire règne au Burkina Faso, alors que la pluie et le vent se sont abattues sur Ouagadougou. Les populations tentaient en fin de journée de se mobiliser, sous l’oeil du RSP, qui tente de maintenir l’ordre et de juguler l’opposition au coup d’État. Michel Kafando et ISaac Zida sont toujours détenus par le RSP.

18h50 : Notre collaborateur Damien Glez a livré son regard sur le coup d’État.

18h34 : Le secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, demande aux militaires de faire preuve de « retenue ».

18h23 : Difficile d’obtenir un bilan clair de ces deux journées au Burkina. Il y aurait au moins six morts et soixante blessés, selon une journaliste présente à l’hôpital de Ouagadougou. Toutefois, le Collectif des femmes pour la défense de la Constitution évoque, comme le Balai citoyen, une dizaine de personnes décédées.

18h14 : Image du domicile du candidat Jean-Baptiste Natama, attaqué ce jeudi.

17h53 : Voici les photos des journées du 16 et 17 septembre au Burkina Faso.

17h07 : Tout ce qu’il faut savoir sur Gilbert Diendéré

17h00 : Le groupe international de soutien à la transition au Burkina Faso condamne logiquement le coup d’État.

16h55 : Guy Hervé Kam, porte-parole du Balai citoyen, sur RFI : « Nous pensons que dans les heures à venir, ce régime putschiste comprendra qu’il ne peut pas rester au pouvoir ».

16h23 : Macky Sall, chef de l’État sénégalais, condamne lui aussi le coup d’État.

16h16 : Gilbert Diendéré affirme sur France 24 avoir le soutien de toute l’armée et nie avoir agi sur ordre de Blaise Compaoré.

15h56 : Un premier bilan à l’hôpital Yalgado Ouédraogo fait état d’un mort et de soixante blessés.

15h43 : C’est confirmé, selon un habitant de Yako, la maison de Diendéré a bien été incendiée. Une fumée noire s’échappe encore du domicile actuellement.

15h34 : Le studio de Smockey, leader du Balai citoyen a été attaqué par des éléments du RSP, à balles réelles ou à la roquette, selon les témoignages. L’organisation « Tournons la page », qui soutient la société civile burkinabè, assure toutefois que les principaux responsables du Balai citoyen sont en lieu sûr à l’heure qu’il est.

15h21 : Dans plusieurs quartiers, à Ouagadougou comme dans le reste du pays, à Bobo Dioulasso ou Fada N’Gourma, les observateurs signalent que la population tente de se rassembler, malgré le déploiement du RSP dans certains d’entre eux. La coordination des partis politiques comme la société civile a appelé à la désobéissance civile.

15h09 : La population aurait incendié le domicile de Gilbert Diendéré dans son village natal, à Yako, selon les médias locaux. De même source, le domicile, en construction, de l’actuel président du CDP, Eddie Komboïgo, serait également en flammes.

15h05 : À la suite de la rencontre des leaders politiques qui vient de se terminer, « la coordination des partis politiques appelle tout le peuple burkinabé à la désobéissance civile jusqu’à la libération sans condition du président Kafando, du Premier ministre Zida et des autres membres du gouvernement », explique l’Alliance des Jeunes pour l’Indépendance et la République, dont le président Adama Kanazoe a assisté à la concertation. La coordination « exige le rétablissement du fonctionnement régulier des institutions dans les plus brefs délais et réitère son ferme attachement à la tenue effective des élections le 11 octobre 2015 ». Et d’ajouter : « Tout contenu que l’on peut donner à la désobéissance civile pour faire barrage à cette forfaiture contre la République serait la bienvenue. »

14h58 : Il y aurait d’ores et déjà des victimes à l’hôpital de Yalgado Ouédraogo. Le Balai citoyen a quant à lui annoncé que le studio de son leader Smokey avait été attaqué. « Ils ont tiré sur mon studio Et viennent d’y mettre le feu, ma vieille mère a du escalader le mur avec mes enfants et ma femme…Je ne sais même pas où ils sont actuellement… », a déclaré ce dernier.

14h49 : La Présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma a réitéré sa « ferme condamnation de cet enlèvement injustifiable et la séquestration continue des responsables de la transition, qui constituent un acte terroriste à tous égards, ainsi que de la tentative inacceptable de remise en cause totale de la transition engagée au Burkina Faso depuis novembre 2014 ». Elle a également appelé « tous les États membres de l’UA et la communauté internationale dans son ensemble à faire échec à cette tentative de remise en cause de la Transition ». L’UA, ajoute-t-elle, « rejette comme nulle et de nul effet l’annonce par des militaires de la « destitution » du Président Michel Kafando et la prétention de lui substituer de « nouvelles autorités » ».

La Présidente de la Commission, rappelant les instruments pertinents de l’UA, y compris la Charte africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance, a indiqué qu’elle allait saisir le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, qui se réunit demain 18 septembre 2015.

14h32 : La CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies ont publié un communiqué de presse condamnant le coup d’État « avec la plus grande fermeté ». Les trois organisations « exigent que les forces de défense et de sécurité se soumettent à l’autorité politique et dans le contexte actuel aux autorités de la transition ». « La CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies exigent la libération immédiate des otages. Elles soulignent avec force que les auteurs de cet enlèvement inacceptable répondront de leurs actes et seront tenus responsables de toute atteinte à l’intégrité physique du Président du Faso, du Premier Ministre et des autres personnalités qu’ils détiennent », menace le communiqué.

14h27 : Après s’être réunis en concertation, les partis politiques ont appelé à la désobéissance civile jusqu’au retour de Michel Kafando, selon un leader de l’opposition, cité par les médias locaux.

14h22 : Les blessés sont majoritairement dirigés vers l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

14h12 : Le contingent militaire français présent au Burkina Faso, fort de 220 soldats des forces spéciales qui participent à l’opération antiterroriste Barkhane au Sahel, n’a pas à interférer, a dit à la presse François Hollande. « Je condamne ce coup d’État, je le condamne fermement parce qu’un processus électoral était en cours, les dates étaient arrêtées, le corps électoral était recensé et il y avait donc un processus », a-t-il souligné.

« Il ne peut pas être expliqué que des groupes puissent empêcher cette transition démocratique qui était en cours. J’appelle donc ceux qui ont commis cet acte à libérer les personnes qui sont retenues, et notamment le président de la transition qui encore aujourd’hui est pris en otage, et j’appelle ces groupes à cesser immédiatement leur action », a ajouté François Hollande.

13h52 : Le domicile de Jean-Baptiste Natama, candidat à la présidentielle, a été saccagé jeudi. Il avait condamné le coup d’État mais s’était également montré très critique envers le gouvernement de transition.

13h48 : Selon les médias locaux, le siège du CDP, l’ancien parti de Blaise Compaoré, et dont la femme de Gilbert Diendéré est une des vice-présidentes, a été saccagé à Bobo Dioulasso, où une grande manifestation a également eu lieu.

13h45 : Du matériel médical arrive au fur et à mesure de l’extérieur à l’hôpital de Yalgado, où des blessés ont été emmenés. Ils seraient une vingtaine depuis mardi, pris dans la répression des manifestations par le RSP.

13h32 : L’artiste musicien, Sams’k;, activiste du mouvement « Le Balai citoyen », aurait été arrêté, rapportent les médias locaux. Pas de confirmation pour le moment.

13h28 : Pour l’heure, selon des sources diplomatiques, l’armée « régulière » et la gendarmerie ne suivent pas le RSP. Ils ne s’y opposent pas non plus.

13h24 : Le Burkinabé Kadré Désiré Ouédraogo, président de la commission de la Cedeao, et le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial de Ban Ki-Moon pour l’Afrique de l’Ouest, sont à Ouagadougou. Ils doivent rencontrer des représentants de la communauté internationale en poste au Burkina dans les heures qui viennent.

13h19 : Les partis politiques sont actuellement en concertation. Une déclaration commune est attendue. L’autre interrogation concerne l’attitude de l’armée, qui pourrait s’opposer au RSP.

13h08 : Selon des sources proches de la présidence béninoise, le chef de l’État du Bénin, Boni Yayi, médiateur de la Cedeao dans la crise burkinabè, a eu Gilbert Diendéré au téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi. « Un dialogue de sourds », selon notre source. Gilbert Diendéré a annoncé son intention de prendre la tête d’une transition d’un an afin de contenir le RSP. Ce à quoi le président béninois s’est opposé fermement, demandant au général de retenir ses hommes. La Cedeao serait par ailleurs en train de préparer une résolution afin de demander la libération de Michel Kafando et Isaac Zida et leur retour à la tête de la transition. L’Union africaine devrait suivre ces recommandations.

12h58 : En exclusivité, Jeune Afrique est parvenu à joindre le général Gilbert Diendéré. Voici les premières déclarations du nouvel homme fort du Burkina : « Nous sommes passés à l’acte pour empêcher la déstabilisation du Burkina » >> http://jafri.co/1NzisZk

12h55 : Après la dispersion des manifestations, des blessés ont été constatés et envoyés notamment à l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

12h53 : Le président français François Hollande a pris la parole pour évoquer la situation. « Il ne peut pas y avoir de légalité avec des putschistes », a-t-il déclaré.

12h48 : Selon nos informations, l’ancien président Blaise Compaoré est actuellement à Rabat, au Maroc. Il y séjourne depuis le mois de juillet après s’y être fait opérer suite à une chute à Abidjan.

12h40 : « Face à cette situation d’une extrême gravité, l’Alliance des Jeunes pour l’Indépendance et la République (AJIR) condamne avec la plus grande fermeté ces agissements hautement répréhensibles qui mettent à mal le fonctionnement régulier des institutions », annonce un communiqué de l’AJIR. « L’AJIR exige la libération immédiate et sans condition des autorités retenues en otage, appelle tous les patriotes à se mobiliser autour des mots d’ordre des forces du changement afin de faire barrage à ce nouvel assaut des forces du mal contre notre démocratie, et appelle les militaires patriotes du RSP à se désolidariser de ce coup de force », ajoute-t-il.

12h33 : Shérif Sy, président du Conseil national de transition, pourtant dissout par le CND, a annoncé qu’il prenait la tête du pays en attendant la libération du président. Il tente ainsi de s’opposer à la prise de pouvoir de Gilbert Diendéré, proclamé président du CND, et demande aux « chefs d’État-major des armées de prendre toutes les dispositions pour arrêter cette forfaiture ».

12h31 : John Kirby, porte-parole du département d’État américain : « Les États-unis sont profondément préoccupés par les événements qui se déroulent au Burkina Faso. Nous appelons à la libération immédiate du président Kafando, du Premier ministre Zida, et de tous les autres officiels en détention. Les États-unis condamnent fermement toute tentative de saisir le pouvoir par des moyens qui ne sont pas dans le cadre de la constitution, et tout recours à la force comme moyen de résolution des différends politiques. Nous appelons à la fin immédiate des violences, et nous encourageons vivement les personnels militaires impliqués dans les événements en cours de retourner à leur mission première. Nous réaffirmons notre soutien entier pour que le gouvernement civil de la transition, afin qu’il poursuive la préparation d’élections libres, justes et transparentes le 11 octobre ».

12h29 : Les partis politiques ont annoncé qu’ils devaient se retrouver pour une réunion à 11 heures, heure de Ouagadougou (13 heures, heure de Paris). Comme nous l’annoncions dans ce direct, Roch Marc Christian Kaboré et Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, ont d’ores et déjà condamné le coup d’État du CND.

12h15 : Homme d’influence, Gilbert Diendéré peut également compter sur son épouse, Fatou, l’une des figures qui comptent au sein du CDP, l’ancien parti au pouvoir. Elle en est la 7ème vice-présidente, en charge de la promotion des femmes, depuis le mois de mai. Elle était auparavant députée et membre du bureau exécutif. Déjà connue sous la révolution sankariste, cette femme au fort caractère aurait lancé, un jour, lors d’une réunion privée : « Si Blaise est là, pourquoi pas mon mari ? ». Gilbert et Fatou Diendéré vivent ensemble depuis des années et se sont unis devant Dieu en août 2014. L’un des témoins de leur mariage n’était autre qu’Eddie Komboïgo, le président du CDP, dont l’invalidation de la candidature à la présidentielle par le Conseil constitutionnel est très certainement à l’origine du coup d’État.

12h11 : Dans un message publié sur son compte Facebook, Le Balai citoyen a lancé un appel à la « résistance dans tous les quartiers ». La nation burkinabè est en péril (…) Nous appelons les populations à s’organiser chacun dans sa rue, son quartier, son secteur pour démontrer que la stratégie de terreur et de psychose que tente d’instaurer les groupuscules de miliciens du RSP ne saurait paralyser cet élan patriotique qui nous a animé ».

12h07 : Alors qu’à Ouagadougou, les tentatives de manifestations sont réprimés par le RSP, une mobilisation est actuellement à la place Tiéfo Amoro de Bobo Dioulasso. « Ils sont des milliers de manifestants surchauffés », annonce la radio locale.

11h47 : La fermeture des frontières a été décidée ce jeudi par le Conseil national de la démocratie, dont Gilbert Diendéré a été proclamé président. Ce dernier, homme fort mais discret du régime Compaoré, tout puissant jusqu’en 2014, avait continué à jouer de son influence dans plusieurs dossiers majeurs. Il est également au cœur des affaires Thomas Sankara et Norbert Zongo.

11h33 : La télévision nationale vient d’annoncer que le général Gilbert Diendéré était le président du Conseil national pour la démocratie (CND). Un couvre-feu est décrété de 19h à 6h.

11h29 : Selon nos informations, l’homme ayant pris la parole à la télévision nationale afin d’annoncer la démission du président n’est pas Abdoulaziz Korogo. Il s’agit du lieutenant colonel Mamadou Bamba. Celui-ci ne portrait pas l’uniforme spécifique du RSP mais celui de l’armée burkinabè.

11h27 : Le rappeur Smockey a appelé à la mobilisation autour du Balai citoyen. « Le retour des fantômes du passé nous guettent si nous ne faisons pas front ensemble », a-t-il déclaré.

11h25 : Une réunion de la haute hiérarchie militaire devrait avoir lieu dans la matinée pour faire une « évaluation de la situation », selon notre journaliste.

11h23 : Selon un haut gradé contacté par Jeune Afrique, le président Kafando et le Premier ministre Zida sont « en résidence surveillée et bien traités » par les membres du RSP.

11h17 : L’Union pour le progrès et le changement (UPC), à travers la voix de son Président Zéphirin Diabré, condamne le coup d’État. « Elle appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble du peuple burkinabè à rester mobilisés et à s’organiser pour défendre la démocratie et l’État de droit », précise un communiqué.

11h13 : La présidence française « condamne fermement le coup d’État qui a eu lieu au Burkina Faso », a indiqué l’Élysée jeudi matin. Elle « appelle à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées, à la remise en place des autorités de la transition et à la reprise du processus électoral ».

11h07 : Les militaires du RSP s’attachaient ce matin à disperser les manifestations hostiles à leur coup de force, notamment à la place de la Nation. Des tirs ont retenti depuis tôt dans la matinée afin de dissuader les manifestants. D’autre part, les membres du RSP ont sécurisé les accès à la radio-télévision nationale.

11h05 : Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) « condamne fermement cet acte inadmissible et exhorte toutes les parties à la retenue ».

10h57 : Depuis une dizaine de minutes, les putschistes font lire leur déclaration en langue locale à la télévision nationale.

10h55 : Selon une journaliste sur place, des tirs continuent de se faire entendre dans le centre de Ouagadougou. Ceux-ci seraient réguliers depuis 7 h du matin, tandis que des manifestants tentent toujours de s’opposer au coup d’État dans la rue en scandant « Libérez Kosyam », notamment devant le palais du Mogho Naba.

10h48 : La chef de la diplomatie de l’Union européenne a appelé à la libération immédiate du président et des membres du gouvernement. « L’UE appelle à la libération immédiate des personnes retenues et au respect de la transition et de l’intérêt général », a indiqué Federica Mogherini dans un communiqué.

« Les développements au Burkina Faso avec la séquestration du président de la transition ainsi que d’autres ministres, mettent en péril la transition et la voie vers les élections du 11 octobre prochain, estime Mme Mogherini. « L’UE soutient les efforts en cours par les représentants de l’ONU, de l’Union africaine et de la Cedeao pour obtenir la libération des otages », précise-t-elle.

10h40 : L’homme en uniforme s’étant exprimé à la télévision nationale serait Abdoulaziz Korogo. Ce militaire est chef de corps par intérim du RSP depuis août, date à laquelle le lieutenant-colonel Coulibaly, le titulaire du poste et ancien aide de camp de Blaise Compaoré, a débuté une formation à l’étranger.

10h23 : Plusieurs candidats à la présidentielle d’octobre ont réagi au coup de force du RSP. Le premier a été Jean-Baptiste Natama. « Nous désapprouvons tout acte de nature à remettre en cause le processus électoral devant mettre fin à la transition », a-t-il déclaré sur Twitter. « Les autorités de la transition par leur compromission et tricherie face aux principes de justice et de neutralité ont mis en péril le Burkina Faso », a-t-il ajouté.

Françoise Toé, tout comme Adama Kanazoé, a quant à elle condamné les agissements du RSP et a appelé « tous les démocrates et tous les républicains à s’opposer à cette énième tentative de restauration de l’ancien régime ». Enfin, l’un des favoris du scrutin présidentiel, Roch Marc Christian Kaboré a tenu « à réaffirmer avec force que la transition politique engagée depuis novembre 2014 doit aller jusqu’à son terme et que le calendrier électoral doit être scrupuleusement respecté, dans l’intérêt supérieur des burkinabè ». Il « réaffirme qu’il est contre la prise du pouvoir par la force qui est contraire à l’idéale et aux principes démocratiques, à la constitution et à la charte de la transition » et « exige la libération immédiate et sans condition du gouvernement et la reprise de ses activités ».

10h19 : Il n’y aucune nouvelle du président Kafando, dont la démission a été annoncée, et du Premier ministre Zida, toujours détenus par les soldats du RSP.

10h10 : « Les forces patriotiques et démocratiques alliant toutes les composantes de la nation et réunies au sein du Conseil National pour la Démocratie (CND), ont décidé de mettre un terme au régime déviant de la transition », annonce un communiqué diffusé le 17 septembre. « Le régime de transition s’est progressivement écarté des objectifs de refondation d’une démocratie consensuelle », se justifie le Conseil national pour la démocratie, qui explique son opposition à la loi électorale excluant certains anciens proches de Blaise Compaoré de la présidentielle d’octobre.

« L’intervention du CND a pour but principal d’enclencher un processus cohérent, juste et équilibré devant conduire à la mise en place d’un système institutionnel robuste », poursuit le document qui annonce la démission du président de la transition, Michel Kafando, la dissolution du gouvernement et du Conseil national de transition et la mise en place d’une concertation en vue de la formation d’un nouveau gouvernement de cohésion nationale.

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