China Exim Bank : la première « banque » du continent

En décembre 2011, l'agence de notation Fitch Ratings évaluait à 67,2 milliards de dollars le montant total des prêts de China Exim Bank en Afrique entre 2001 et 2010. DR ©

En même temps qu'elle accorde des prêts à des conditions préférentielles, China Exim Bank négocie des contrats pour les groupes du pays.

Vingt milliards de dollars, soit 16,3 milliards d’euros ! C’est le montant des prêts que Pékin s’est engagé à distribuer en Afrique au cours des trois prochaines années. Cette somme, qui représente le double de celle que l’empire du Milieu avait promise aux Africains en 2009, servira notamment à financer les infrastructures, l’agriculture, l’industrie manufacturière… Et elle proviendra essentiellement des caisses de son principal bras financier sur le continent, The Export-Import Bank of China (China Exim Bank). Créée en 1994 et détenue à 100 % par l’État, l’institution propose, avec l’appui du ministère chinois du Commerce, des prêts à des conditions préférentielles tout en négociant des contrats pour les entreprises chinoises. Elle dispose pour cela de moyens colossaux, à savoir une bonne partie des réserves de change de la Chine, estimées à plus de 3 240 milliards de dollars à fin juin 2012.

China-Eximbank infoEn décembre 2011, l’agence de notation Fitch Ratings évaluait à 67,2 milliards de dollars le montant total des prêts de China Exim Bank en Afrique entre 2001 et 2010, ce qui la place largement devant la Banque mondiale, dont le total des engagements en Afrique au cours de la même période s’élevait à près de 55 milliards de dollars. Certes, les conditions d’attribution des prêts de China Exim Bank, souvent opaques, sont décriées, mais nombre d’observateurs s’accordent sur certains aspects avantageux : le taux d’intérêt est en moyenne de 2,85 % pour une maturité de dix à vingt ans, avec un délai de grâce de trois à sept ans.

Positif

La Banque africaine de développement (BAD) note même que « les prêts chinois à l’Afrique ont un impact positif car ils ciblent l’amélioration des infrastructures et renforcent les perspectives de croissance à long terme ». C’est via sa représentation basée à Johannesburg que cette banque, dirigée par Li Ruogu, opère en Afrique. À 61 ans, cet ancien directeur exécutif de la Banque asiatique de développement a étroitement travaillé avec la BAD.

Le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) entend lui aussi renforcer sa présence en Afrique. Avec un portefeuille d’actifs de plus de 200 milliards de dollars, il a ainsi racheté, en décembre 2011, 25 % du capital de Shanduka, l’un des plus grands fonds d’investissement sud-africains. Cette opération de 12,2 millions de dollars lui permet de détenir indirectement des parts dans une trentaine de sociétés dans l’énergie, l’agroalimentaire, l’immobilier ou encore la finance. 

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