Soudan du Sud : Salva Kiir signe l’accord de paix mais émet de « sérieuses réserves »

Par Jeune Afrique avec AFP

Salva Kiir, le président sud-soudanais. © Phil Moore/AFP

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a estimé que l'accord qu'il a accepté de signer mercredi contenait des "disposition néfastes".

C’est en exprimant de « sérieuses réserves » sur plusieurs dispositions que le président sud-soudanais, Salva Kiir, a finalement signé mercredi 26 août, à l’occasion d’un mini-sommet qui réunit à Juba les dirigeants du Kenya, de l’Ouganda, du Soudan et de l’Ethiopie, l’accord de paix, déjà ratifié par les rebelles.

« La paix que nous signons aujourd’hui contient tellement de choses que nous devons rejeter (…) Ignorer de telles réserves ne serait pas dans l’intérêt d’une paix juste et durable », a-t-il lancé, avant de signer le document.

Cette accord « n’est ni la Bible, ni le Coran, pourquoi ne pourrait-il pas être réexaminé? Donnez nous du temps pour voir comment on peut corriger ces choses », a ajouté Salva Kiir, bien que les médiateurs eurent affirmé que l’accord était définitif et non modifiable.

Dénonçant des « dispositions néfastes » de l’accord, Salva Kiir a remis aux médiateurs et aux dirigeants de la région un document de 12 pages contenant les réserves de son gouvernement. Il n’a pas précisé sur quels points portaient les réserves, mais assuré que celles-ci seraient publiées incessamment.

« Intimidation »

Selon des responsables sud-soudanais, la démilitarisation de Juba ou la large représentation accordée aux rebelles dans le cadre du partage du pouvoir local dans l’État pétrolier du Haut-Nil posent notamment problème.

Le président sud-soudanais a également dénoncé « les messages d’intimidation » à son encontre, faisant référence aux menaces de sanctions agitées par la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’était dit prêt mardi soir à « agir immédiatement » si Salva Kirr Kiir ne signait pas intégralement l’accord, ou s’il signait « en émettant des réserves »… Pas sûr néanmoins que les Nations unies mettent à exécution leurs menaces, la Russie, la Chine et plusieurs pays africains ont déjà émis des doutes sur cette proposition. Les États-Unis ont quant à eux d’ores et déjà appelé au respect de l’accord de paix sans réserves.

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