Burkina Faso : qui sont les candidats à la présidentielle d’octobre

La liste des candidatures validées sera rendue publique le 29 août. © Montage J.A.

Le dépôt des candidatures pour l'élection présidentielle du 11 octobre a pris fin vendredi à minuit. La liste définitive sera publiée le 29 août.

Il faut désormais attendre le 29 août pour connaître la liste définitive et officielle des candidats à la l’élection présidentielle du 11 octobre. Vendredi 21 août à minuit (date de la clôture du dépôt), 22 personnes avaient déposé leur dossier devant le Conseil constitutionnel.

Chacun des candidats était en mesure de s’acquitter de la caution de 25 millions de FCFA.

Qui sont ces prétendants à la magistrature suprême ? Portraits de principaux candidats, parmi les 22 qui ont déposé leur dossier.

 

Zéphirin Diabré

Zéphirin Diabré, le 31 octobre 2014 à Ouagadougou. © ©Issouf Sanogo/AFP

Ancien chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré (55 ans) est le candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), le parti dont il est le chef et qu’il a créé en mars 2010. Formé à l’Ecole supérieure de commerce de Bordeaux (France), il est propulsé au ministère du Commerce, de l’Industrie et des Mines de 1992 à 1994, puis à l’Économie et aux Finances jusqu’en 1996. Il prendra ensuite brièvement la présidence du Conseil économique et social en 1996-1997, avant devenir le directeur Afrique et Moyen-Orient d’Areva (2006-2011) puis directeur général adjoint du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), à New York, de 1999 à 2006. On sait depuis longtemps qu’il veut succéder à Blaise Compaoré.

Eddi Komboïgo

Ahmed Ouoba/AFP

Eddie Komboïgo, président du CDP et candidat à la présidentielle. © Ahmed Ouoba/AFP

Eddi Komboïgo est le nouveau président du Congrès pour la démocratie (CDP), le parti de Blaise Compaoré. Homme d’affaires réputé au Burkina Faso, Eddie Komboïgo est à la tête du cabinet d’audit financier et d’expertise comptable Komboïgo et Associés (Cafec-Ka). C’est un ami intime de Gilbert Diendéré, ancien chef d’État-major particulier et bras droit de Blaise Compaoré. Ils sont tous deux originaires de Yako, chef-lieu du Passoré, et Diendéré aurait notamment été parrain de mariage du nouveau patron du CDP. Une proximité qui a probablement valu à Eddie Komboïgo le saccage de sa maison à Ouagadougou lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014.

Roch Marc Christian Kaboré

Ahmed Ouoba/AFP

Roch Marc Christian Kaboré pendant la cérémonie d'investiture du candidat à la présidentielle, Ouagadougou, le 5 juillet 2015. © Ahmed Ouoba/AFP

Roch Kaboré est considéré, avec Zéphirin Diabré, comme l’un des favoris de la prochaine présidentielle burkinabè.  Ancien Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale, cet ancien fidèle parmi les fidèles de Blaise Compaoré avait claqué la porte du régime en janvier 2014 avec deux autres proches de l’ex-président : Salif Diallo et Simon Compaoré. Opposés à la volonté du chef de l’État de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir, les trois hommes avaient alors fondé le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et rejoint l’opposition.

Ram Ouédraogo

Né en 1951 en Côte d’Ivoire, Ram Ouédraogo est revenu au pays en 1984, à la faveur de la révolution qui rebaptisera la Haute-Volta en Burkina Faso. Père fondateur du premier parti écologiste burkinabè, l’Union des verts du Burkina (UVDB), il fut, en 1999, ministre d’Etat puis député en 2002, avant de créer un nouveau parti, le Rassemblement des écologistes du Burkina (RDEB) en 2005. Il a déjà été deux fois candidat à une élection présidentielle. En 1998, il arrive second derrière Blaise Compaoré avec 6,61% des suffrages. Il n’obtient que 2,04% des voix lors du scrutin de 2005.

Ablassé Ouédraogo

Ahmed Ouoba/AFP

Ablassé Ouédraogo lors du congrès du Faso Autrement, le 7 juin 2015. © Ahmed Ouoba/AFP

Président du parti Le Faso autrement, Ablassé Ouédraogo a, comme d’autres opposants, évolué dans l’ombre du régime Compaoré. Ancien membre du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), il a été successivement ministre des Affaires étrangères (1994-1999) puis conseiller spécial de Blaise Compaoré. Économiste reconnu, il passe ensuite par plusieurs institutions internationales, notamment en tant que directeur général adjoint de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avant de jouer les médiateurs de l’Union africaine dans différentes crises, comme à Madagascar, et d’être élu député en 2012.

Gilbert Noël Ouédraogo

Ancien chef de file de l’opposition, mais aussi ministre des Transports après avoir soutenu le chef de l’État en 2005, le fils de l’ancien Premier ministre Gérard Kango Ouédraogo, Gilbert Noël, 46 ans, est député-maire d’Ouahigouya et leader de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA). Troisième force politique du pays, elle faisait parti de l’ex- mouvance présidentielle mais s’est fermement opposée au référendum sur la modification de l’article 37.

Yacouba Ouédraogo

Dernier ministre des Sports et des Loisirs de Blaise Compaoré, le colonel Yacouba Ouédraogo a crée son propre parti politique, l’Union pour le Burkina nouveau (UBN), du nom de l’association qu’il dirigeait depuis 2011. L’UBN a fait alliance avec la Convention des forces démocratiques du Burkina de l’ancien ministre délégué à l’Alphabétisation, Amadou Diemdioda Dicko.

Adama Kanazoé

Membre de l’Alliance des jeunes pour l’indépendance et la république (AJIR), Adama Kanazoé est un jeune politicien âgé d’une trentaine d’années. Opérateur économique, il est administrateur de la Holding Business and Development in Africa (Hbda), un groupe qui développe des activités dans la logistique, la communication et la distribution de produits des télécoms.

Saran Serémé

Issouf Sanogo/AFP

unnamed © Issouf Sanogo/AFP

Opposante du régime Compaoré, Saran Serémé est la présidente du Parti pour le développement et le changement (PDC). Surnommée « l’amazone de Tougan » – du nom de son fief dans le nord du pays -, elle est devenue l’égérie de la révolte d’octobre 2014. Quelques jours avant la grande manifestation qui a entraîné la chute de Blaise Compaoré, Saran Sérémé organisait une grande marche de femmes contre le projet de modification de la Constitution. Transfuge du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ex-parti présidentiel de Compaoré, elle en a claqué la porte en 2012 après que sa formation lui avait refusé le parrainage aux législatives. Après le départ de Compaoré, son nom avait brièvement été évoqué pour prendre la tête de la transition.

Djibril Bassolé

Vincent Fournier pour J.A.

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Djibril Bassolé est un cadre du CDP, l’ex-parti au pouvoir. Gourounsi de 57 ans, natif de la province de Kossi (Nord-Ouest), il fut représentant spécial du président Compaoré dans la crise togolaise, en 1994, puis nigérienne, en 1995. Ministre délégué puis ministre de la Sécurité entre 1999 et 2007, il accède ensuite au stratégique ministère des Affaires étrangères, de 2007 à 2008, puis de 2011 jusqu’en octobre 2014, à la chute de Blaise Compaoré.

Jean-Baptiste Natama

Ancien directeur de cabinet de la présidente de la commission de l’Union Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, Jean-Baptiste Natama est le candidat de la Convergence patriotique pour la renaissance/ Mouvement progressiste (CPR/MP), mouvement dont il est le président. Militaire (il a notamment participé à la « guerre de Noël » entre le Mali et le Burkina Faso en 1985), il a ensuite occupé plusieurs poste dans les organisations internationales. Il a été entre autres conseiller principal du représentant du Programme alimentaire mondial des Nations unies au Burundi et au Rwanda (1999-2000), expert analyste au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), en 2001. Son nom avait également circulé pour prendre la tête de la transition.

Bénéwendé Sankara

© Vincent Fournier/Jeune Afrique

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©Vincent Fournier/Jeune Afrique

Âgé de 56 ans, Bénéwendé Sankara, qui n’a aucun lien de parenté avec le capitaine Thomas Sankara, sera le candidat d’une coalition regroupant neufs partis politiques dit sankaristes. Deux fois candidat malheureux aux présidentielles de 2005 et 2010 face à Blaise Compaoré, Me Sankara a longtemps été qualifié d’ »avocat des causes perdues » au Burkina. Défenseur des étudiants grévistes poursuivis par l’ancien pouvoir, il s’est illustré dans l’affaire Norbert Zongo, un journaliste assassiné en 1998 alors qu’il enquêtait sur la disparition du chauffeur de François Compaoré, le frère cadet du président Compaoré. Il est aussi l’avocat principal dans l’emblématique dossier Thomas Sankara, rouvert fin mars après deux décennies de combats politico-juridiques restés sans suite sous l’ancien régime.

Françoise Toé

Investie fin juin candidate du Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS), Françoise Toé est peu connue du grand public. Experte comptable de formation, elle dirige le cabinet Seccapi. Elle occupait auparavant le poste de secrétaire nationale aux relations extérieures du PDP/PS qu’elle représentait en France.

Tahirou Barry

Président du Parti de Renaissance Nationale (PAREN, parti d’opposition fondé par Laurent Bado), Tahirou Barry est un juriste de 39 ans. Né à Gagnoa en Côte d’Ivoire, il a gravi les échelons au sein de son parti à partir de 1999 avant d’en prendre la tête en 2002. Après quelques expériences journalistiques, Tahirou Barry travaille à l’université de Ouagadougou (où il a étudié) en tant que directeur des ressources humaines.

Victorien Tougouma

Peu connu des Burkinabés, Victorien Tougouma représentera le Mouvement africain des peuples (MAP). Chef d’entreprise dans le transport logistique de 42 ans, il a également présidé la Jeune chambre internationale du Burkina (JCI).

Issaka Zampaligré

Candidat indépendant, Issaka Zampaligré est avocat aux Barreaux des Hauts-de-Seine (région parisienne) et du Burkina Faso. Âgé de 50 ans, il est né à Tenkodogo, chef lieu de la région du Centre-Est.

Harouna Dicko

Opposant au régime Compaoré, Harouna Dicko est le président du Rassemblement politique nouveau (RPN). En 2010, sa candidature avait été la seule (sur les huit déposées) a être rejetée au motif qu’il n’avait « ni versé la caution de 10 millions de francs CFA (environ 15 000 euros), ni déposé les attestations de parrainage » exigées par le Code électoral.

Salvador Maurice Yaméogo

Salvador Maurice Yameogo, l’un des fils du premier président de la Haute-Volta, qui a pris le nom de Burkina Faso sous l’ère Sankara, fait partie des derniers à avoir déposé son dossier au Conseil constitutionnel. Il est à la tête du Rassemblement des démocrates pour le Faso (RDF).

 

 

 

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