Standard & Poor’s abaisse les perspectives de la note de l’Angola

Par Jeune Afrique

Vue de Luanda, la capitale de l'Angola. © Reuters.

L’agence de notation à passer de "stables" à "négatives" les perspectives de la note de l’Angola, maintenue à "B+". En cause : les déficits du budget et des comptes extérieurs entraînés par le recul des cours du pétrole.

Standard & Poor’s vient d’abaisser les perspectives de la note de l’Angola de “stables” à “négatives”. Cette décision, explique l’agence de notation, est due à la “détérioration continue des positions fiscales et extérieurs de l’Angola depuis février 2015”. À cette date, l’agence de notation avait baissé d’un cran la note de l’Angola, passée de “BB-” à “B+” – soit de la catégorie des obligations dites “spéculatives” à celles dites “hautement spéculatives – pour tenir compte des effets sur l’économie angolaise du recul du cours de l’or  – de plus de 110 dollars le baril en juin 2014, le prix du pétrole a oscillé en moyenne entre 50 et 60 dollars depuis le début de l’année.

Déficits

Six mois plus tard, force est de constater que les appréhensions de l’agence de notation se révèlent justifiées. La réduction des recettes pétrolières (2/3 des revenues de l’État) a affecté la balance commerciale du pays, qui a enregistré en 2014 un déficit du compte courant de 2,5 % du PIB, pour la première fois depuis 2009. Selon S&P, il devrait atteindre 6,7 % en 2015 avant de retrouver l’équilibre en 2017.

En dépit des mesures adoptées par le gouvernement pour mitiger l’impact de la crise pétrolière – révision du budgetsuppression de certaines subventions sur les carburants – le déficit budgétaire a atteint 5,5 % du PIB l’an dernier selon l’agence de notation et devrait atteindre 7 % en 2015 avant de reculer progressivement à 3 % en 2017.

Dans la même veine, l’endettement du pays d’Afrique australe a aussi augmenté : la dette publique devrait passer de 24,2 % du PIB en 2014 à 34,2 % en 2015 et rester au-dessus de 33 % jusqu’en 2018.

Stabilisation

« La perspective négative indique que nous pouvons abaisser la note à long terme de Angola si, contrairement à nos prévisions actuelles, les comptes externes et budgétaires du pays ne s’améliorent pas », écrit S&P. Une dégradation de l’environnement politique ou institutionnel pourrait entraîner aussi une baisse de la note de Luanda, indique l’agence.

Standard & Poor’s estime toutefois que les perspectives de la note de l’Angola pourraient être ramenées à « stables »,  « si nous voyons un net renforcement des comptes extérieurs et budgétaires de l’Angola avec des mesures de soutien, telles que l’assouplissement du contrôle des capitaux ou une réduction plus rapide des subventions aux carburants ».