Guinée-Bissau : le président Vaz dissout le gouvernement

Domingos Simoes Pereira, ancien Premier ministre de la Guinée-Bissau, livre un discours devant les Nations Unies, septembre 2014. © Seth Wenig/AP/SIPA

Le président bissau-guinéen José Mario Vaz a renvoyé mercredi soir le gouvernement, sur fonds de vives tensions avec le Premier ministre. Reste à savoir comment le parti au pouvoir, dont sont issus les deux hommes, réagira.

Le président Vaz a finalement décidé de camper sur ses positions. Dans un décret publié mercredi soir vers 23 heures, José Mario Vaz, élu au printemps 2014, a décidé de renvoyer le gouvernement d’inclusion formé par le Premier ministre Domingos Simões Pereira.

Ce dernier, également patron du puissant parti au pouvoir, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), devrait s’exprimer dans la matinée, selon son entourage. Le PAIGC, ex-parti unique dont le Président Vaz est également issu, devrait se réunir dans la foulée, explique la même source.

Selon la Constitution, le président peut « démettre le gouvernement en cas de grave crise politique remettant en cause le fonctionnement normal des institutions ».

Décision impopulaire

La dissolution du gouvernement, sous fonds de mésentente entre les deux hommes forts du pays, avait rencontré une forte opposition. Le Parti de la rénovation sociale (PRS), deuxième force politique du pays, s’y était farouchement opposé, de même que la société civile. Ces derniers craignent en effet qu’une telle décision ne replonge le pays dans une énième crise institutionnelle, dont les soubresauts malmènent le développement du pays, abonné aux coups d’État depuis son indépendance, en 1974.

Mardi, le Portugal, ancienne puissance coloniale, avait d’ailleurs menacé de suspendre l’aide financière en cas de nouvelle crise politique. Sans « un fonctionnement démocratique normal, il serait extrêmement difficile pour la communauté internationale de continuer à procurer la coopération et le soutien dont la Guinée-Bissau a besoin », avait prévenu Rui Machete, le ministre portugais des Affaires étrangères.