Remaniement au Congo-Brazzaville : deux ministres opposés à la modification constitutionnelle exclus

Par Jeune Afrique avec AFP

Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville, le 29 mai 2015 à Abuja, au Nigeria. © Pius Utomi Ekpei/AFP

Opposés à un éventuel changement de Constitution au Congo-Brazzaville qui permettrait de lever la limitation du nombre des mandats présidentiels, deux ministres ont été limogés lundi du gouvernement à l'issue d'un remaniement opéré par le chef de l'État, Denis Sassou Nguesso.

« La ministre du Commerce et des Approvisionnements, Claudine Munari, et celui de la Fonction publique et de la réforme de l’État, Guy-Brice Parfait Kolélas, ont été sortis du gouvernement », selon un décret lu à la radio et à la télévision publiques, le 10 août,  par le directeur de cabinet du président, Firmin Ayessa. Ils avaient activement pris part à un dialogue de l’opposition au cours duquel, du 26 au 29 juillet, les participants ont exprimé leur refus de voir la Constitution de 2002 modifiée pour donner la possibilité au président Sassou Nguesso, 72 ans, de briguer un nouveau mandat en 2016.

Dans le même temps, deux personnalités font leur entrée au gouvernement : Euloge Landry Kolélas, frère du ministre tout juste remercié, qui hérite du ministère du Commerce et des Approvisionnements, et Jean-Marc Thystère Tchicaya, nommé aux Hydrocarbures. Gilbert Mokoki, un général jusque-là ministre délégué aux Transports, devient pour sa part ministre de la Fonction publique et de la réforme de l’État.

La nouvelle équipe gouvernementale, qui n’a pas de ministres délégués, compte 35 membres, contre 37 dans la précédente. Le nombre de femmes passe de quatre à trois.

Autres enseignements du remaniement 

Outre les ministres opposés au changement de la loi fondamentale, quelques autres quittent également leurs fonctions : Alain Akouala Atipault (Zones économiques spéciales), qui devrait prendre le poste d’ambassadeur à Paris, à la place d’Henri Lopes, Basile Ikouebé (Affaires étrangères) et André Raphaël Loemba (Hydrocarbures).

Par ailleurs, au moins cinq ministres ont changé de postes ou permuté. C’est le cas de Jean-Claude Gakosso, qui passe de la Culture aux Affaires étrangères, ou bien encore de Bienvenu Okiemy, précédemment à la Communication et qui prend en main le ministère de la Culture et des Arts.

Enfin, les cinq ministres d’État ont conservé leur portefeuille. Deux d’entre eux, Isidore Mvouba (Développement industriel) et Florent Ntsiba (Travail) n’ont jamais quitté le gouvernement depuis le retour du président Sassou Nguesso à la tête du pays en 1997, à la suite d’une sanglante guerre civile.

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