Fermer

Côte d’Ivoire : à Abidjan flotte un air de précampagne présidentielle

Par - à Abidjan

Lors des rassemblements du FPI et du RHDP à Abidjan, respectivement les 8 et 9 août. © Baudelaire Mieu / J.A.

À moins de trois mois de la présidentielle ivoirienne prévue le 25 octobre prochain, un début de campagne (non officielle) semble avoir été lancé par les états-majors du FPI et du RHDP, la coalition au pouvoir.

Samedi 8 août, Pascal Affi N’Guessan, le président statutaire du Front populaire ivoirien (FPI) a choisi le théâtre du palais de la Culture d’Abidjan, comme Laurent Gbagbo en 2000, pour organiser la cérémonie d’investiture de sa candidature à la présidentielle. Au delà du caractère solennel et festif de cet événement qui a pris des allures d’intronisation royale dans la pure tradition akan, son groupe ethnique, Pascal Affi N’Guessan n’a pas vraiment innové en matière de slogan.

Il a repris la thématique du « changement maintenant », déjà vue notamment avec François Hollande en 2012. Affi N’Guessan a nommé Marcel Gossio, l’ex-bras droit de Laurent Gbagbo, au poste de directeur de campagne. Entouré de ses principaux lieutenants et soutiens, il a décliné son programme en « 15 chantiers pour restaurer la Côte d’Ivoire » et n’a pas hésité à asséner des piques au président Alassane Ouattara. « J’ai l’expérience et la capacité de diriger la Côte d’Ivoire » ;  » Je ne suis pas candidat pour accompagner Ouattara » ; « Nous allons gagner parce que Ouattara est une tragédie » ; « Il règne dans la peur », a-t-il notamment fustigé.

Le RHDP promet la victoire au premier tour

Le lendemain, dimanche, autre lieu, autre décor : le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir), qui parraine la candidature de Ouattara, investissait la patinoire du Sofitel Ivoire d’Abidjan. Amadou Gon Coulibaly, ministre d’État et secrétaire général de la présidence, ainsi que Jeannot Ahoussou Kouadio, ministre d’État auprès du président, y ont été investis co-directeurs de campagne. Une occasion pour le premier de dresser un bilan très flatteur de son chef, en épinglant au passage « l’incompétence » des opposants Charles Konan Banny de la Coalition nationale pour le changement (CNC) et Essy Amara, ex-ministre des affaires étrangères, tous deux candidats à la présidentielle.

Le directeur de campagne d’Alassane Ouattara est revenu sur le mécontentement de certains ministres et cadres du RHDP, qui ne jouent que des rôles mineurs dans la campagne. « Nous appelons à l’union autour du président. Nous avons procédé à des réajustements. Les membres du gouvernement sont de facto directeur de campagne dans leurs régions d’origines », a t-il expliqué pour stopper la grogne. Reste que l’équipe de campagne du président n’a pas encore rendus publiques sa stratégie et ses slogans, mais elle promet qu’une vague blanche et orange (les couleurs de la coalition) va déferler sur le pays en vue d’une victoire au premier tour, le 25 octobre prochain, avec plus de 70% dès voix.