Burundi : Pierre-Claver Mbonimpa autorisé à quitter le territoire pour des « soins médicaux urgents »

Le président de l'Aprodh, Pierre-Claver Mbonimpa. © Carl De Souza/AFP

Quarante-huit après avoir été blessé par balles à Bujumbura, le défenseur des droits de l'homme Pierre-Claver Mbonimpa a été autorisé mercredi à quitter le territoire burundais pour aller recevoir des "soins médicaux urgents" à l'étranger.

La décision est tombée ce mercredi 5 juillet en début d’après-midi. « Le procureur a donné un accord favorable à la demande de Pierre-Claver Mbonimpa de quitter le territoire pour aller suivre des soins médicaux urgents à l’étranger », a confirmé à Jeune Afrique Me Fabien Segabwa, avocat du défenseur des droits de l’homme.

Pierre-Claver Mbonimpa, touché lundi soir à la mâchoire par une balle qui est ressortie par la pommette gauche, était frappé depuis plusieurs mois d’une interdiction de quitter le territoire suite à ses prises de position contre le pouvoir de Pierre Nkurunziza . « Il ne pouvait même pas quitter Bujumbura », glisse son avocat qui se réjouit de la levée de la mesure.

« Mbonimpa ne va pas vraiment bien »

« Il [Pierre-Claver Mbonimpa] ne va pas vraiment bien », a-t-il confié quelques minutes après l’avoir rendu visité dans un hôpital de la capitale burundaise où il était interné, protégé par des policiers. « Mais dans le passé, j’ai déjà vu des personnes dans un état plus piteux qui s’en sont sortis », a ajouté Me Fabien Segabwa, espérant que ce sera le cas du président de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH).

Prochaine étape : réunir les moyens financiers pour le transfert de Pierre-Claver Mbonimpa à l’étranger.  À en croire Me Fabien Segabwa, une « mobilisation s’organise déjà sur le plan local et international à cette fin ». La destination – Nairobi, au Kenya ou un pays en Europe – dépendra des sommes récoltées, selon une source proche de la famille.