Parité : 4 chiffres qui montrent que l’Afrique est sur le chemin de l’égalité hommes-femmes

Maroc: manifestation à Rabat pour réclamer la parité hommes-femmes © AFP

Au-delà de certaines différences nationales, l'Afrique enregistre globalement des progrès en matière d'égalité hommes-femmes. Pour illustrer cette évolution, Jeune Afrique a passé au crible des indicateurs dans les domaines du développement, de l'économie et de la représentation politique.

Même si le chemin est (encore) long, l’évolution vers une plus grande égalité entre les hommes et les femmes est réelle sur le continent. Une tendance confirmée par le dernier rapport de la Banque africaine de Développement (BAD). L’institution a créé cette année son propre indice pour mesurer les disparités de genre en Afrique. Il varie de 0 à 100, 100 représentant l’égalité parfaite entre les genres. Pour chaque pays, trois domaines sont ainsi passés au crible : les opportunités économiques, le développement humain et les lois et institutions.

32 pays d’Afrique enregistrent un indice d’égalité supérieur à 50

Si l’on se fie au classement mondial de la BAD, 32 pays africains enregistrent un indice supérieur à 50. En tête du classement figurent l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Botswana ou encore la Namibie. En queue de peloton, des pays comme la Somalie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et la Côte d’Ivoire.

 

 

10,6% de la population active féminine est au chômage, contre  8,2% chez les hommes

Selon les dernières données fournies par la Banque mondiale, le taux de chômage des femmes est fixé à 10,6% contre 8,2% pour les hommes.

Pour y remédier, certains pays ont pris des mesures, notamment dans le secteur le plus porteur sur le continent, l’agriculture, qui emploie 70% de la population africaine. Au Botswana et au Malawi, des programmes d’autonomisation économique des femmes ont été adoptés. Ils visent à améliorer l’accès des femmes à la formation et à les aider dans leurs créations d’entreprises.

Cependant, le taux de chômage ne reflète pas toute la réalité de la situation des femmes dont beaucoup exercent des activités informelles et échappent à cet indicateur.

54% des femmes savent lire et écrire contre 70% des hommes

Sur le continent, le taux d’alphabétisation des femmes s’élevait à 54% en 2012 contre 48% en 1999 selon l’Unesco. Pour les hommes, ce taux était de 70% en 2012 contre 68% en 1999.

En revanche, la réalité de chacun des pays est très différente. Par exemple, au Lesotho, en Namibie, au Botswana et au Swaziland, les taux d’alphabétisation des femmes sont supérieurs ou identiques aux taux d’alphabétisation des hommes. Alors que le Mozambique, la RDC, la Centrafrique, et le Liberia, présentent des écarts de plus de 20 points entre les hommes et les femmes.

 

22% des parlementaires sont des femmes

Sur le continent, les femmes représentent en moyenne 22 % des parlementaires en 2015, contre 8 % en 1995. Au total, 19 pays africains franchissent désormais la moyenne mondiale établie à 22,4 %.

En tête du classement, le Rwanda, la Namibie, le Sénégal ou encore la Tanzanie. Le Rwanda fait figure d’exception, car il est le premier et le seul pays au monde dans lequel plus de la moitié des parlementaires sont des femmes.

Cette hausse de la représentation des femmes s’explique en partie par l’instauration de quotas, allant de 10 %  (Djibouti, Niger) à 30 % (Rwanda, Burkina Faso, Tanzanie, Swaziland, Burundi) de femmes. Ces quotas peuvent également prendre la forme de sièges réservés (Zimbabwe, Kenya, Maroc, Mauritanie). Autre disposition permettant la féminisation en politique : la parité sur les listes électorales. C’est le cas en Angola ou en RDC. À l’inverse, des pays comme l’Érythrée, le Ghana, le Tchad et la Côte d’Ivoire ferment la marche.