RDC : le commanditaire du meurtre de Chebeya absent du box des accusés, selon les parties civiles

Par Jeune Afrique avec AFP

Floribert Chebeya, défenseur des droits de l’homme et président de l’ONG congolaise La Voix des sans voix, le 7 avril 2005 à Bruxelles. © Etienne Ansotte/AFP

Les parties civiles au procès en appel pour le meurtre du militant Floribert Chebeya déplorent que celui qu'elles considèrent comme le commanditaire du crime, John Numbi, l'ancien chef de police, n'ait pas été inquiété par la justice.

« C’est lui le donneur d’ordre, et les autres (sont) les exécutants » de ce « crime d’État », a déclaré Me Peter Ngomo, au premier jour des plaidoiries, jeudi 30 juillet, devant la Haute Cour militaire de la RDC. Selon lui, « tout a été fait pour que John Numbi ne soit pas poursuivi », alors qu’il y avait « beaucoup d’éléments à sa charge » quand il a comparu comme simple témoin en première instance en 2011, a-t-il souligné.

Depuis juin 2012, la Haute cour militaire cour juge en appel cinq policiers accusés du meurtre de Floribert Chebeya, défenseur des droits de l’homme et président de l’ONG congolaise La Voix des sans voix.

Un rendez-vous avec John Numbi ?

Le militant a été retrouvé mort le 2 juin 2010, après avoir été convoqué au siège de l’inspection générale de la police pour y rencontrer le général Numbi. Un rendez-vous qu’a toujours nié l’officier supérieur en question. Il avait été suspendu de ses fonctions de chef de police peu après l’assassinat.

Pour sa part, Fidèle Bazana, le chauffeur de Floribert Chebeya, a disparu après l’avoir déposé à ce rendez-vous. La justice a conclu qu’il avait lui aussi été assassiné. Son corps n’a toutefois jamais été retrouvé.

Deux requêtes rejetées

Lors de l’ouverture de l’audience, jeudi, les parties civiles ont soumis deux requêtes qui ont été rejetées par le tribunal. L’une demandait la fouille de la ferme du général John Numbi afin de voir si le corps du chauffeur s’y trouvait. L’autre requête visait à annuler une décision de la Haute Cour militaire qui avait suspendu les poursuites en appel contre les trois policiers en fuite condamnés par contumace en première instance en avril dernier.

Parmi ces trois policiers figure le major Paul Mwilambwe, qui avait mis en cause en 2012 le général Numbi dans la mort de Floribert Chebeya. Ce major s’était exilé au Sénégal, où il a depuis été inculpé à la suite d’une plainte déposée contre lui en juin 2014 par des avocats des familles Chebeya et Bazana.

Les plaidoiries du procès en appel se poursuivront lundi avec les parties civiles et le ministère public.