BTP : Alger rappelle les groupes Chinois à leurs obligations

Par Jeune Afrique

Le géant public chinois CSCEC a décroché, à lui seul, la réalisation de milliers de logements pour le compte de l'État. © AFP

Alger est remonté contre les groupes chinois en charge de la réalisation de milliers de logements dans le pays. Le ministre de l'Habitat Abdelmadjid Tebboune ne cesse de rappeler les Chinois à leurs obligations: respect des délais de réalisation et de la qualité des logements.

Mercredi dernier, au cours de l’audience qu’il a accordé à l’ambassadeur de Chine à Alger Liu Yuhe, le nouveau ministre de l’Habitat Abdelmadjid Tebboune a souligné « la nécessité de renforcer et mobiliser tous les moyens pour réaliser les différents programmes de logements en Algérie pour ne pas recourir aux sous-traitants ». Le 25 septembre dernier, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme a demandé au géant chinois du BTP, CSCEC, de respecter les délais de réalisation et la qualité des logements, notamment ceux inscrits dans la capitale. Depuis 2001, les groupes chinois de BTP ont accaparé la part du marché algérien du logement réservé aux étrangers.

« Au début les groupes chinois respectaient les délais et réalisaient des logements de qualité. Ensuite, ils ont commencé à cumuler des retards et à bâcler le travail. »

Grande mosquée

Le géant public CSCEC a décroché, à lui seul, la réalisation de milliers de logements pour le compte de l’État ainsi que des projets d’infrastructures de base et récemment la grande mosquée d’Alger pour un milliard d’euros. Les groupes européens, notamment français, ont été écartés en raison de leurs prix élevés. « Au début les groupes chinois, concurrentiels grâce à leurs prix bas par rapport aux groupes européens, respectaient les délais et réalisaient des logements de qualité. Ensuite, ils ont commencé à cumuler des retards et à bâcler le travail », déplore un responsable algérien sous couvert de l’anonymat.

Un million de logements

L’Algérie dont les capacités nationales de réalisation de logements ne dépassent pas 80 000 unités par an, est obligée de faire appel aux groupes étrangers pour mettre en chantier plus d’un million de logements d’ici à 2014. Mais le gouvernement veut diversifier ses partenaires. M. Tebboune a donc entamé des démarches pour attirer des groupes français, espagnols, italiens et portugais afin de leur confier la construction de logements et d’équipements publics (écoles, hôpitaux, universités, etc).

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