Burundi : l’opposant Agathon Rwasa a siégé à l’Assemblée nationale

Par Jeune Afrique avec AFP

Agathon Rwasa, principal opposant burundais et candidat à la présidentielle de 2015. © Roberto Schmidt/AFP

Agathon Rwasa, principal opposant burundais a siégé ce lundi à la première session de l’Assemblée nationale fraîchement élue. Il affirme vouloir jouer le jeu pour aider à sortir le Burundi de la crise, après avoir refusé de reconnaître les résultats des élections.

« On doit se rendre à l’évidence, le forcing de Nkurunziza a bien réussi », a déclaré Agathon Rwasa à l’AFP. « Maintenant, faut-il abandonner à leur sort tous ces gens qui ont voté pour nous, quand bien même les résultats publiés ne sont pas si réalistes que ça ? », a-t-il ajouté pour justifier sa présence au nouveau parlement.

Le principal allié de M. Rwasa dans ce processus électoral, Charles Nditije, n’était quant à lui pas présent dans l’hémicycle ce lundi 27 juillet. Selon Tatien Sibomana, porte-parole de la coalition Mizero Y’Abarundi et proche de Charles Nditije, il n’est pas question ici de trahison. Mais de prévenir quant à la constitution du gouvernement à venir : « Le dialogue avec Rwasa reste ouvert mais nous ne pouvons pas constituer un gouvernement basé sur des élections que nous contestons ».

Cette première session s’est tenue en présence de 104 des 121 députés devant normalement composer la nouvelle Assemblée.

De nouveaux combats dans le sud du pays

Selon des sources concordantes, cette session a été précédée ce week-end par des combats dans le Sud-Ouest opposant l’armée à un groupe armé non identifié en provenance de République démocratique du Congo (RDC).

L’administration locale et les témoins sur place parlent d’un groupe fortement armé qui a rejoint le Burundi par bateau, où il a affronté l’armée dans la commune de Nyanza-Lac, à une centaine de kilomètres au sud de la capitale Bujumbura.

Aucun bilan n’est encore connu mais ces sources ont précisé que deux policiers et un soldat avaient été capturés par le groupe armé, dont un membre a été arrêté, selon la police.

Juste avant la présidentielle du 21 juillet, des combats avaient opposé, dans le Nord, l’armée à d’ex-putschistes qui avaient tenté un coup d’Etat avorté mi-mai.