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Nigeria : Buhari promet de récupérer les milliards du pétrole

Par Jeune Afrique avec AFP

Muhammadu Buhari a réalisé sa première visite officielle aux États-Unis du 20 au 22 juillet 2015. © Evan Vucci/AP/SIPA

Le président nigérian Muhammadu Buhari s'est engagé à récupérer les sommes d'argent ahurissantes issues de vols et de détournements de pétrole à grande échelle dans son pays et a promis de traduire les responsables de ces transactions devant la justice, a déclaré le 22 juillet son porte-parole.

Selon Muhammadu Buhari, qui a réalisé une visite officielle Washington du 20 au 22 juillet, l’équivalent de 250 000 barils de pétrole brut est volé chaque jour au Nigeria, premier producteur d’or noir d’Afrique, soit plus de 10 % de la production nationale. Les vols et détournements de pétrole brut constituent un problème majeur au Nigeria et représentent, selon les estimations, des pertes de 6 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros) par an.

Les profits de cette escroquerie sont placés sur des comptes bancaires individuels. Lors d’un discours prononcé mardi à l’ambassade du Nigeria dans la capitale américaine, il a affirmé que les États-Unis et d’autres pays aidaient le Nigeria à pister de tels comptes en banque.

Sommes ahurissantes

« Nous allons demander à ce que ces comptes soient gelés et nous allons poursuivre les individus. La somme d’argent en question est ahurissante. Certains anciens ministres ont vendu environ un million de barils par jour. Je peux vous assurer que nous allons pister et rapatrier cet argent et nous appuyer sur les documents (liés à ces comptes) pour poursuivre (leurs propriétaires) », a-t-il poursuivi, selon un communiqué de son porte-parole Femi Adesina.

M. Buhari a déjà dissous fin avril le conseil d’administration de la NNPC, la compagnie pétrolière nationale et a ordonné une enquête au sein de cette entreprise. L’année dernière, le gouverneur de la banque centrale, Lamido Sanusi, avait été limogé par l’ancien président Goodluck Jonathan. Le gouverneur avait déclaré peu de temps auparavant que 20 milliards de dollars de revenus pétroliers n’avaient pas été versés au budget de l’État entre 2012 à 2014, ce que contestait catégoriquement M. Jonathan.

M. Buhari, qui arrive au pouvoir au moment où la chute des cours mondiaux du pétrole a fait vaciller l’économie, a accusé à plusieurs reprises l’administration de son prédécesseur d’avoir pratiquement vidé les caisses de l’État.