Burkina : Eddie Komboïgo sera le candidat du CDP à la présidentielle

Eddie Constant Komboïgo, le nouveau président du CDP. © Lefaso.net

Nommé à la tête du CDP au mois de mai dernier, Eddie Komboïgo sera investi samedi 11 juillet candidat du parti de Blaise Compaoré à l'élection présidentielle d'octobre prochain.

Ce sera donc lui. Eddie Komboïgo, 51 ans, nommé le 10 mai à la tête du bureau exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), sera le candidat de l’ancien parti majoritaire pour l’élection présidentielle d’octobre prochain. Joint ce vendredi 10 juillet par Jeune Afrique, il a confirmé sa candidature et sera officiellement désigné par sa formation demain, samedi, lors d’un congrès organisé au Palais des sports de Ouagadougou, là-même où il a pris les rênes du parti de Blaise Compaoré il y a deux mois jour pour jour.

« Nous allons gagner dès le premier tour, affirme le candidat. Notre électorat est resté intact, nos militants sont toujours là et nous avons une force de mobilisation très importante. »  Plongé dans une crise sans précédent depuis la chute de Blaise Compaoré, le 31 octobre 2014, le CDP tente désormais de relever la tête et s’est remis en ordre de bataille pour les élections présidentielle et législatives, dont le premier tour est prévu le 11 octobre prochain. Depuis son arrivée à la tête du parti, Eddie Komboïgo s’efforce, lui, d’apaiser les tensions et de présenter l’image d’un « CDP nouveau ». « Nous tenons un langage modéré et pondéré, axé sur la réconciliation et le dialogue », affirme celui qui reconnait que sa formation a commis des « erreurs ».

Un ami intime de Gilbert Diendéré

Homme d’affaires réputé au Burkina Faso, Eddie Komboïgo est à la tête du cabinet d’audit financier et d’expertise comptable Komboïgo et Associés (Cafec-Ka). Originaire comme lui de Yako, chef-lieu du Passoré, c’est un ami intime de Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major particulier et bras droit de Blaise Compaoré. Une proximité qui a probablement valu à Eddie Komboïgo le saccage de sa maison à Ouagadougou lors de l’insurrection populaire d’octobre dernier. Relativement novice en politique, Komboïgo, député lors de la dernière législature, milite au CDP depuis plusieurs années mais n’est pas considéré comme un apparatchik du parti.

Sans totalement couper le cordon ombilical qui le lie à Blaise Compaoré – qui est toujours président d’honneur du haut conseil du parti -, le CDP s’efforce aujourd’hui de survivre à l’ancien chef de l’État et de regarder vers l’avenir. D’après de nombreux observateurs, l’ancienne formation présidentielle, forte d’importants moyens financiers et d’un maillage local couvrant tout le territoire national, pourrait réaliser un bon score aux législatives. Malgré l’enthousiasme de son nouveau candidat, le scrutin présidentiel s’annonce en revanche plus compliqué.

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