Soldats français soupçonnés de viols en Centrafrique : deux magistrats à Bangui

Par Jeune Afrique avec AFP

Une Centrafricaine portant un bébé passe devant des soldats français de l'opération Sangaris à Bangui, le 20 mai 2015. © Patrick Fort/AFP

Des magistrats français se rendent dans la capitale centrafricaine pour interroger les six enfants de neuf à treize ans qui se disent victimes d'abus sexuels commis entre décembre 2013 et juin 2014 par des soldats de la force Sangaris.

Ces juges d’instruction français avaient été désignés le 7 mai 2015 pour enquêter sur ces accusations de viols. Depuis une semaine, des enquêteurs prévôts (des militaires disposant de prérogatives judiciaires) étaient déjà sur place pour préparer le travail des magistrats.

En avril dernier, quatorze militaires de l’opération Sangaris postés à Bangui ont été accusés de viols et trois d’entre eux ont été identifiés. Ces abus sexuels auraient été commis sur un total d’une dizaine d’enfants sur le site de l’aéroport de M’Poko à Bangui. Les soldats auraient échangé de la nourriture et parfois de l’argent contre des faveurs sexuelles.

La justice française informée depuis juillet 2014

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait été informé de cette affaire dès juillet 2014. Il avait alors saisi la justice française et lancé une enquête interne sans rien dévoiler. Début juin, le ministre Le Drian a donné son feu vert pour que l’enquête interne de l’armée soit déclassifiée et transmise à la justice.

La justice centrafricaine a aussi protesté car elle n’a pas été informée de l’affaire. En mai 2015, la Centrafrique a annoncé qu’elle allait de son côté engager des poursuites contre les militaires français.