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Janine Diagou Wodié, l’héritière

Elle a intégré NSIA en 1999 entant que contrôleuse de gestion. © SiaKambou

Depuis quelques mois, elle dirige NSIA Banque, filiale du groupe d'assurances éponyme fondé par son père, Jean Kacou Diagou.

Avec son visage aussi fin que la monture argentée de ses lunettes, Janine Diagou Wodié aurait pu être mannequin, comme le suggèrent d’ailleurs les quelques photos en noir et blanc encadrées dans son bureau. Par timidité peut-être, mais plus encore par « amour des chiffres », elle a préféré devenir banquière. À 39 ans, cette Abidjanaise d’origine et de coeur occupe une position exceptionnelle pour une femme dans son pays. En début d’année, elle est devenue directrice générale du pôle bancaire de la société d’assurances NSIA.

Une promotion qui n’a surpris personne au pays : après tout, Janine Diagou Wodié n’est-elle pas la fille de Jean Kacou Diagou, président fondateur du groupe NSIA ? Logique élémentaire pour cette « cartésienne » revendiquée, qui assume « avec fierté » cette filiation. Elle en plaisante avec l’intéressé et s’en amuse parfois avec les employés, même si elle espère bien être un jour reconnue pour autre chose, à commencer par la direction qu’elle entend donner à une filiale bancaire en plein développement. Forte de 550 salariés, NSIA Banque a réalisé l’an passé 40 millions d’euros de produit net bancaire en Côte d’Ivoire (le groupe NSIA compte quant à lui 1 300 employés et a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 215 millions d’euros en 2011) et propose désormais ses services en Guinée.

Que Jean Kacou Diagou se rassure : pas question pour Janine de tuer le père ni de brader son héritage. « Sa vision sera toujours respectée et son ambition dépassée », assure la directrice générale d’une voix ferme et onctueuse à la fois. L’oeil noir s’adoucit dès qu’elle revient sur un parcours qu’elle juge elle-même « atypique » et pétille lorsqu’elle parle de ses années lycée à Dakar, « les plus belles » de son existence. Du Sénégal elle a tout aimé, au point d’entretenir aujourd’hui encore une relation quasi fusionnelle avec le premier pays africain, en dehors de la Côte d’Ivoire, qu’elle a découvert. Elle continue de s’y rendre dès qu’elle le peut. Ses expériences seront par la suite plus mitigées, à Paris, où elle ne fait qu’étudier, comme à Londres, qu’elle quitte après avoir décroché un diplôme en ingénierie financière.

Échange permanent

En Côte d’Ivoire, elle a fait ses classes en tant qu’auditrice pour un distributeur local de produits pétroliers, avant de se faire embaucher par son père un soir de janvier 1999 pour participer à l’aventure qu’il avait lancée quatre ans plus tôt. « Il n’a pas vraiment eu besoin de me convaincre », sourit aujourd’hui celle qui a alors découvert le monde de l’assurance comme contrôleuse de gestion. L’idée de collaborer à « un groupe panafricain solide, répondant aux normes internationales et engagé dans le développement des pays où il est établi » l’a toujours séduite. Et puis comment dire non à celui qui, avec ses deux fils, reste à n’en pas douter l’homme de sa vie ?

Entre le père et la fille comme entre le patron et son adjointe, l’échange est permanent. « Nous nous parlons tout le temps », confirme Janine Diagou Wodié. C’est lui qui la pousse à accepter les sollicitations des journalistes, à « sortir du bois », quand elle préférerait éviter la lumière. Des contraintes de ses nouvelles fonctions, elle accepte tout, jusqu’à « respirer NSIA ». En attendant de se « mettre au yoga », elle gère son stress en collectionnant les oeuvres « d’artistes pas forcément connus » et s’imagine même un jour, peut-être, ouvrir sa propre galerie. Ce sera pour plus tard. Prise au jeu, elle se fixe pour l’heure d’autres défis… et son père a certainement d’autres projets pour son héritière. 

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